Le sens du voile

Depuis 30 ans, le voile islamique est devenu moins une prescription religieuse qu’un marqueur identitaire, exogène à la société française. En quelques décennies, le voile s’est imposé dans le monde musulman, mais aussi en France, comme un signe fort de différenciation culturelle, voire de rejet du monde occidental. La purification religieuse passant par la pratique d’un islam radical[1], le voile en est son élément fondamental par la pureté qu’il confère. Le voilement de plus en plus précoce des jeunes filles devrait susciter l’émoi et la mobilisation du néo-féminisme. Il n’en est rien. Habilement l’islam a fait dévier la question du voile de la sphère religieuse vers la sphère culturelle. Dans une société relativiste, le coup est bien joué. Car dès lors, le néo-féminisme ne considère pas le voile comme une contrainte religieuse, mais comme un choix libre et éclairé d’adhérer à la culture musulmane. Le voile ne poserait aucune question morale à partir du moment où il serait porté sans coercition. Or consentir à porter un vêtement ne justifie pas nécessairement l’acceptation morale de cette action par le corps social. Un cadre législatif d’une part, moral de l’autre, encadre les pratiques et les comportements. Si l’on me demande de porter un costume nazi dans la rue, mon consentement plein et entier se heurtera à la loi et au jugement moral d’autrui. Il en va de même du voile. Si la pratique d’une religion commande de porter le voile[2], consentir à le porter n’a pas valeur de légitimation de ladite action pour autant, d’un point de vue moral tout au moins.  Ce n’est pas l’action consentie, volontaire ou non d’un individu que l’on doit juger, mais la pratique du port du voile elle-même. La question du consentement est donc largement insuffisante.

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La « carte laïcité » est généralement brandie par les pourfendeurs du voile. Elle se heurte à un problème majeur. Comme nous venons de le voir, le voile islamique n’est plus considéré comme relevant d’un principe religieux, mais comme un marqueur culturel[3]. Dès lors, toute critique du voile est perçue comme une offense islamophobe. L’islamophobie est d’ailleurs considérée comme un racisme alors qu’étymologiquement, ce terme désigne la peur de l’islam[4].

Les défenseurs du voile considèrent qu’en vertu de la loi sur la laïcité, l’interdiction du voile islamique contreviendrait au principe de liberté de culte. En tant que marqueur culturel, le port du voile ne peut non plus être prohibé par notre société multiculturelle, relativiste, qui considère que chacun est libre de vivre en France, selon sa culture. En somme, le port du voile est inattaquable. De nombreux politiques se sont cassés les dents concernant la polémique du burkini en invoquant le principe de laïcité. Or convoquer la laïcité n’a pas de sens car ni le voile, ni le burkini, ne sont présentés comme des symboles religieux, mais davantage comme des marqueurs d’appartenance communautaire à la culture musulmane

Les défenseurs du voile, de la burqa ou encore du burkini n’invoquent aucunement la religion. En revanche ils les considèrent comme des outils de libération de la femme musulmane. On croit rêver. Ainsi Yann Moix déclarait le 27 août 2016 sur le plateau d’On n’est pas couché : « les musulmanes ont peut-être peur d’aller à la plage donc plutôt que de rester dans leur cuisine, elles voudraient aller à la plage protégées. » La laïcité n’est d’aucune utilité dans ce débat. Elle ne conduit qu’à mobiliser davantage l’islamisme autour du concept d’islamophobie. Hélas plus la cohésion religieuse est forte, notamment contre l’Etat français, laïque et républicain, plus la pratique se radicalise.

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L’argumentation est à mener sur le terrain du consentement. Le néo-féminisme défend le voile au nom d’une pratique librement consentie. Si les femmes veulent porter un voile, un hijab, une burqa ou un burkini, les en empêcher serait attenter à leur liberté de femmes. C’est bien l’intention et non l’action qui fait l’objet d’un jugement de valeur. Or le voile islamique ne fait jamais l’objet d’un choix réellement affranchi de toute contrainte. Invité en juin 2016 par une école suisse pour évoquer l’islamophobie, Hani Ramadan, frère de Tariq Ramadan expliqua[5] aux collégiens que la femme non voilée « était comme une pièce de deux euros. Visible pour tous, elle passe d’une main à l’autre ». Ainsi le voile islamique est un symbole de pudeur et de pureté. J’ai souvenir d’une femme musulmane demandant son chemin à ma compagne. Me voyant arriver, elle réajusta prestement son voile sur ses cheveux et fuit mon regard jusqu’à la fin de la conversation. Cette femme ne me voulait évidemment aucun mal. Mais je me sentis souillé par son geste, impur que j’étais à ses yeux.

Ne pas se voiler, c’est faire aveu d’immoralité et de lubricité, mais c’est aussi trahir sa communauté. Le port du voile est au contraire, un marqueur de loyauté. Dès lors quelle est la valeur du consentement lorsqu’on doit choisir entre passer pour la chaste, pudique et fidèle, et la catin, libertine et traîtresse ? Zéro. Le consentement n’a aucune valeur. Qui plus est dans un contexte au sein duquel la pression familiale et communautaire est immense. Le néo-féminisme est toujours prompt à dénoncer l’emprise mentale du mâle hétérosexuel blanc, tant dans un contexte familial et domestique que professionnel. S’agissant de l’emprise mentale et culturelle exercée par le mâle musulman venu d’ailleurs, le néo-féminisme fait preuve d’un silence coupable…

Le néo-féminisme n’éprouve aucune difficulté morale à interdire aux grid-girls de se vêtir comme elles le veulent dans le cadre du métier qu’elles ont librement choisi. En revanche il rejette l’idée de soumission que représente le voile au nom de la liberté des femmes de se vêtir. Cette propension d’un côté à dénoncer systématiquement le patriarcat blanc hétérosexuel, et de l’autre à excuser et tolérer tout ce qui relève du patriarcat oriental ou musulman est malsain et d’une hypocrisie sans borne, quoique parfaitement en phase avec le multiculturalisme relativiste qui considère que toutes les cultures ont droit de cité en France, sans avoir à rendre des comptes.

Les néo-féministes et autres défenseurs du voile sont prêts à d’autres bassesses intellectuelles pour justifier leur position à l’endroit de celui-ci. Le voile ne serait pas différent du fichu dont les femmes s’affublaient autrefois pour aller à l’église. D’une part, le foulard d’antan n’entrait que dans le strict cadre du suivi de la messe. D’autre part le port de ce foulard n’était motivé par aucun chantage. Passons sur le fait que cette pratique n’est d’ailleurs plus vraiment d’actualité de nos jours.

Le voile islamique serait un vêtement comme un autre et ne divergerait pas du string, de la mini-jupe ou des chaussures à talon que les femmes se sentiraient obligées de porter de nos jours. Dans un registre similaire, la pression du voile ne serait pas différente de l’injonction occidentale à la minceur, au modèle féminin unique, svelte, branché et sexy. Là encore le relativisme est saisissant. Tout est mis sur le même plan et l’occasion de défendre la culture musulmane au dépend d’un occident dépravé est trop belle pour les néo-féministes et autres défenseurs du voile. Tout d’abord l’idée de dictature de la minceur est à nuancer tant les mentalités et les modèles semblent salutairement évoluer de nos jours. De plus chacun est libre ou non de ne point s’assujettir à cette pseudo-norme. Or le voile relève de la contrainte, comme nous l’avons vu plus haut. Le choix est biaisé. Quant à la comparaison avec les chaussures à talon, on est partagé entre rires et sarcasmes. Jusqu’à preuve du contraire, on ne meurt pas de ne pas porter des Louboutin… Qui risque la mort en occident pour la dénonciation de la dictature du jean taille basse, quand dans le même temps, Taslima Nasreen fait l’objet d’une fatwa pour avoir dénoncé l’apartheid que l’islam inflige aux femmes ? Combien de femmes dans le monde risquent la mort si elles refusent de porter le voile ? Combien ont été lapidées par l’Etat Islamique ou par les talibans ? Alors que le premier geste des musulmanes, libérées des griffes de Daech, est de retirer leur voile – l’allégorie de leur cauchemar, nous le comparons à une vulgaire paire d’escarpins. Alors qu’en Iran des femmes brandissent leur voile pour protester et renverser l’ordre patriarcal musulman au péril de leur vie, les néo-féministes sont prêts en France à tous les accommodements pour la préservation de leur bonne conscience[6]. Alors qu’il est un marqueur d’oppression là-bas, il devient chez nous un symbole de la libération de la femme musulmane autant qu’une revendication, voire une mode. Quel progrès. Mais c’est oublier qu’il n’existe pas de revendication contrainte. Le voile, le hijab ou le burkini n’ont rien à voir avec la liberté. Tout au contraire, ils disent que la femme est avant tout un corps tentateur qu’il convient de protéger en le cachant. Ce corps est sa bastille. Le voile est une cellule de prison sur roulette avec ce qu’il suffit de barreaux pour regarder et être aperçue.

Devant la futilité de bon nombre de ses combats et au regard de la situation des femmes, ici et là-bas, le néo-féminisme devra rendre des comptes tant sa complaisante lâcheté à l’égard du port du voile est affligeante. Encore une fois le néo-féminisme démontre son sectarisme en spécifiant son combat aux femmes occidentales, blanches. En raison de leur culture différente, les autres ne sauraient bénéficier de la bataille pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Par un remarquable travail d’illusionniste, le néo-féminisme s’accommode de l’insupportable à la faveur d’un relativisme insensé. Et que l’industrie de la mode s’empare de la question du voile pour leur plus grand bonheur constitue la cerise sur le gâteau. Même en cachemire, le voile reste un outil de soumission.

Que dit le néo-féminisme sur le voilement de plus en plus précoce des petites filles ? Rien. Toujours plus jeunes, consentent-elles vraiment à porter le voile ? Que dit le néo-féminisme du recul constant de la pratique sportive chez les filles de culture musulmane et de cette haine du corps en mouvement, tentateur et impudique ? Rien. Que pense le néo-féminisme de la récusation de la mixité, des horaires aménagés pour les femmes dans des piscines, du refus d’hommes musulmans de serrer la main des femmes[7] ou de laisser leurs mères, épouses ou sœurs être auscultées par un médecin du sexe masculin ? Rien. Le néo-féminisme ne dit rien car il n’a rien à dire. Pour préserver sa bonne conscience et son ouverture d’esprit, le néo-féminisme appelle à ne pas stigmatiser et à respecter les cultures. Face à des enjeux aussi saisissants dans la soi-disant lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes, le courage de chacun est à l’épreuve. Le néo-féminisme, lui, privilégie la dérobade et la focalisation sur des débats futiles comme le manspreading ou l’écriture inclusive.  Est-ce la crainte de la stigmatisation[8] ? Est-ce la crainte de l’islamophobie ? Ou un réel adoubement de la culture patriarcale musulmane ?

*

Ce qui est certain, c’est que la critique d’une pratique religieuse radicale est impossible, surtout s’agissant de l’Islam. Les néo-féministes et islamophiles de tous bords en sont même à assimiler au patriarcat et à la misogynie ce qui relève le plus simplement du monde du terrorisme radical. Ainsi Sonia Nour, collaboratrice du maire PCF de la Courneuve, Gilles Poux, déclarait sur Twitter à propos des deux jeunes femmes égorgées à la gare de Marseille par un terroriste islamiste : « Quand un martyr égorge une femme et poignarde une autre là ça fait du bruit. Terrorisme, du sang, civilisation Bla Bla Bla.. Par contre que le terrorisme patriarcal nous tue tous les 2 jours on l’entend moins votre grande gueule. » Tout d’abord, le terme martyr est insoutenable, s’agissant d’un homme qui a choisi sciemment, au nom de sa foi, de tuer deux personnes innocentes. Dans un relativisme insupportable, elle prétend désigner le véritable ennemi qu’est l’homme (principalement blanc, hétéro, cisgenre[9]) et la société patriarcale dans son ensemble. En 280 signes, elle réussit la prouesse de minimiser, voire excuser le mobile islamiste de ces deux assassinats tout en désignant la population masculine dans son ensemble comme terroriste par essence.

Elle n’est pas la seule. Questionnée sur le cas d’un conducteur de bus qui au nom de sa religion, refusait de prendre le volant après une femme, la députée La France Insoumise Danièle Obono évoquait un simple « signe de discrimination ». L’islamo-féminisme est un mouvement soutenu par le néo-féminisme mais également par une grande partie du corps social, politique et législatif. La peur de la stigmatisation et le chantage à l’islamophobie conduisent à toujours plus de recul face à la question de l’intégrisme religieux. Le communautarisme ethnico-religieux et l’inaction des pouvoirs publics à lutter contre celui-ci interrogent. De nombreux quartiers majoritairement musulmans se radicalisent. Les revendications religieuses se multiplient et bénéficient bien souvent de la mansuétude des élus de gauche comme de droite, dont l’intérêt politique premier est, dans ces secteurs, de caresser les électeurs dans le sens du voile…

Par ailleurs, les décisions du Conseil d’Etat ne font rien pour équilibrer la balance en cédant lâchement devant le communautarisme religieux. Ainsi le 26 août 2016, le Conseil d’Etat suspendait les « arrêtés anti-burkini » après avoir été saisi par la Ligue des Droits de l’Homme. Le 28 juillet 2017, le Conseil d’Etat donnait raison à une élève de l’Institut de formation de soins infirmiers de l’Hôpital Saint-Antoine, sanctionnée par ce dernier car elle s’était présentée voilée en cours. L’institut s’appuyait fort logiquement sur l’arrêté du 21 avril 2007 indiquant que les signes religieux étaient interdits au nom de la neutralité des personnels de santé. Si le Ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, se montre défavorable à ce que les femmes musulmanes qui accompagnent les groupes d’enfants lors de sorties scolaires puissent être voilées, il est désavoué a priori par une étude du Conseil d’Etat de 2013. Cette étude indiquait que les parents accompagnant les groupes scolaires ne sauraient être considérés comme des agents auxiliaires du service public et qu’à ce titre, aucune neutralité religieuse ne pourrait être exigée de leur part. Nul doute que cet avis tranché de la suprême juridiction administrative, conjugué à la volonté du Président Emmanuel Macron de ne point légiférer sur ce sujet, devrait avoir largement raison de la position courageuse de Jean-Michel Blanquer.

La position du néo-féminisme à l’égard d’un islam radical oppresseur s’avère extrêmement ambiguë. Alors même que la condition des femmes musulmanes régresse inlassablement, sur le territoire français comme dans la majorité des sociétés occidentales, le néo-féminisme s’interdit tout regard accusateur au titre d’un relativisme culturel teinté de haine de soi. Inlassablement, l’ennemi demeure le patriarcat blanc hétérosexuel tandis que l’autre, parce qu’il est différent, s’avère bon par nature et intouchable. Alors que la soumission à l’ordre religieux est remise en question dans toujours plus de pays musulmans, majoritairement par des femmes au courage exemplaire, l’islamo-féminisme, soutenu par le néo-féminisme, les médias et les politiques relativistes, n’a de cesse de soutenir l’intégrisme en France par le chantage à l’islamophobie et à la stigmatisation. Incapable de prendre clairement le parti de toutes les femmes, inefficace dans la mise en place d’une stratégie universelle, le néo-féminisme sombre dans l’incohérence en accusant la domination des femmes blanches occidentales, mais en fermant les yeux sur l’insupportable soumission des femmes musulmanes à l’intégrisme religieux, misogyne et phallocrate. Si l’égalité des sexes est le combat du néo-féminisme, cet accommodement intellectuel et idéologique avec l’islamisme ne va pas vraiment dans le sens de son combat…

Cet article est un extrait de mon livre « HOMO DOMINATUS ou l’imposture néo-féministe », disponible ici.

[1] Le politiquement correct parle de pratique orthodoxe, ce qui revient tout à fait au même.

[2] S’agissant de l’Islam, ce serait d’ailleurs à relativiser, le voile n’étant qu’une prescription mineure du Coran.

[3] D’après un sondage IFOP commandé par l’Institut Montaigne, publié le 18 septembre 2016 dans les colonnes de Capital, 65 % des musulmans de pratique ou de culture se déclarent favorables au port du hijab (voile qui recouvre les cheveux, les contours du visasge et le cou).

[4] Phobie vient du grec phobos qui signifie « peur ».

[5] https://www.marianne.net/societe/hani-ramadan-la-femme-sans-voile-est-comme-une-piece-de-2-euros-elle-passe-dune-main-lautre

[6] Ainsi, Rockaya Diallo a déclaré que « le fait de montrer une femme musulmane portant le foulard dans un exercice banal qui est celui de la présentation d’un journal de télévision, évidemment ça permettrait à cette femme de rentrer dans tous les foyrs de manière quotidienne. » Exiger la visibilité tout en se cachant sous un voile a quelque chose d’assez contradictoire.

[7] Le 24 janvier 2016, sur le plateau du Supplément de Canal Plus, Idriss Sihamedi, le dirigeant de l’association islamique Barackacity avait assumé sans la moindre gêne ne pas serrer la main des femmes. Najat Vallaud-Belkacem, alors Ministre de l’Education Nationale et féministe revendiquée, présente sur le plateau, avait lâchement refusé de réagir alors qu’une occasion inespérée de signifier son indignation et sa condamnation du fanatisme religieux se présentait à elle.

[8] En 2016, la féministe et activiste d’extrême-gauche Selin Goren, de nationalité allemande, faisait l’objet d’un viol par plusieurs réfugiés. A la police, elle mentit délibérément sur l’origine ethnique de ses agresseurs – indiquant notamment la présence d’un allemand blanc parmi eux – par peur de « propager la haine anti-réfugiés. »

Dans le même esprit, lors d’un débat diffusé sur LCP, Caroline de Haas déclarait : « Chaque fois que j’évoque le voile, j’ai le sentiment de mettre 10 balles dans la machine du Front National. »

[9] Par opposition au transgenre, se définit comme cisgenre, l’individu dont l’identité de genre correspond à son identité sexuée, inscrite à l’état civil.

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