Le progrès… ou quand une sexagénaire donne naissance à sa petite-fille

    Autrefois, lorsque les parents devaient occuper les enfants durant les longs trajets entre le pavillon d’Enghien-les-Bains et l’appartement Pierre et Vacances de Palavas-les-Flots, deux options se présentaient : soit ils distribuaient les taloches, soit ils filaient des casse-têtes aux marmots. Une mèche de travers et un Rubik’s cube plus tard, les sept heures de trajet étaient avalées. Depuis, le progressisme est passé par là. Les tartes méritées et formatrices sont désormais interdites et bientôt, la mode du rubik’s cube aura disparu (de nouveau). Alors pour faire patienter les mouflets, les parents 1 et 2 leur proposeront un autre type de casse-tête : l’étude de leur arbre généalogique…

      Aux Etats-Unis, une américaine de 61 ans a donné naissance à la fille de son fils, Matthew, par GPA. Matthew a donné son sperme quand la sœur de son compagnon, prénommé Eliott, a fait don de ses ovocytes. On a donc une dame d’un certain âge qui a accouché de sa petite fille dans un cocktail détonnant de pratiques transhumanistes et incestueuses. Résumons. La petite fille a deux pères, une grand-mère qui est sa mère biologique et une tante par alliance qui est un peu sa mère aussi. Le progrès…

       Je ne vais pas traiter spécifiquement ce cas d’école qui n’est qu’un événement parmi d’autres. Voici simplement un extrait de mon essai HOMO DOMINATUS ou l’imposture néo-féministe qui se penche sur les nouveaux modes de procréation :

       Au début du Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir consacre de longues pages à décrire la possibilité qu’ont certaines espèces animales d’enfanter sans le concours d’aucune forme de procréation. Elle apprécie l’idée que la vie pourrait s’opérer sans la rencontre d’un mâle et d’une femelle. Evoquant l’hippocampe, elle appelle de ses vœux la possibilité que chacun puisse enfanter, de son côté, sans la nécessaire rencontre d’un individu mâle et d’un individu femelle. Hélas pour elle, nous ne sommes pas des hippocampes. Néanmoins l’idée fait son chemin. Simone de Beauvoir explique d’ailleurs que selon elle, la violence endémique masculine serait due à l’incapacité du mâle à donner la vie[1]. « Beaucoup de garçons se désolent qu’un tel privilège leur soit refusé ; si, plus tard […] ils détruisent autour d’eux la vie avec une espèce de rage, c’est qu’ils se vengent de n’être pas capables de la faire éclore ; tandis que la petite fille s’enchante de la créer un jour » nous dit-elle. La féministe Antoinette Fouque va dans ce sens en faisant l’éloge de cette complémentarité du masculin et du féminin autour de la question de la maternité. « Elle (la femme) a tout de même été la créature qui mettait au monde les enfants. Elle a été la créature qui nettoyait, élevait, nourrissait, habillait les enfants et leur donnait leurs premières leçons d’humanité. Par conséquent, elle a été plus près des réalités de base que beaucoup d’hommes ne le sont. Et elle pourrait apporter ce sens profond des réalités physiques, charnelles, physiologiques, qui manquent tellement dans notre civilisation. »  Mais dans une société qui observe la différence entre le féminin et le masculin comme une opposition entre le bien et le mal, la procréation est un problème dans le sens où elle rend inévitable la rencontre d’un homme et d’une femme. Or, à la faveur des progrès techniques, le rêve « beauvoirien » est à portée de main. Dans Le meilleur des mondes paru en 1932, Aldous Huxley évoquait déjà la perversité d’une société dans laquelle serait industrialisé le processus d’ectogenèse, soit le développement de l’embryon et du fœtus à l’extérieur du corps féminin, à l’aide d’un utérus artificiel. Aux Etats-Unis, l’utérus artificiel a été expérimenté avec succès sur des fœtus d’agneaux mais pour l’heure, sa transposition à l’humain est impossible. Jusqu’à quand ? D’ici une dizaine d’années, hommes et femmes pourront peut-être faire des enfants, chacun de leur côté, sans que ces enfants soient nécessairement le fruit d’une quelconque rencontre. C’est le bouleversement de tout le processus naturel de procréation que le néo-féminisme et le progrès technique appellent de leurs vœux. Dans un registre similaire, l’accouchement d’un homme transgenre, né femme mais ayant conservé ses organes génitaux féminins, a été salué tant par le néo-féminisme – qui voit là le triomphe de l’idéologie du genre – que par le monde médical.

   L’utérus artificiel jouira certainement au départ d’une utilisation purement thérapeutique, notamment pour traiter les cas exceptionnels de bébés grands prématurés. Mais soyons sûrs qu’à l’instar des techniques initialement médicales comme l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro, l’utérus artificiel proposera une nouvelle réponse au désir d’enfant. Ces méthodes de reproduction ont toutes un point commun : celui de proposer des processus de procréation dans lequel la présence d’un père n’est pas indispensable, voire totalement inutile. Le danger ? La volonté illimitée de satisfaction des désirs passe ici nécessairement par l’aliénation de l’humain à la technique. En ce sens la vie ne naît plus de la rencontre d’une femme et d’un homme, lequel voit son rôle rendu futile et superflu. L’idéologie du genre veut qu’un père ne soit pas différent d’une mère, que les deux soient interchangeables et qu’un enfant n’ait pas nécessairement besoin de l’un et de l’autre.

       L’ouverture de la PMA aux couples lesbiens va évidemment dans ce sens et s’insère parfaitement dans l’idéologie du « pour-toussisme ». C’est également une ouverture à la GPA puisque si les lesbiennes peuvent donner la vie par la PMA, une injustice devra être réparée vis-à-vis des couples homosexuels masculins. Lors des débats sur le PACS, on promettait de ne jamais envisager le mariage. Lorsque la loi sur le « Mariage Pour Tous » a été votée, jamais nous ne devions aller jusqu’à la PMA. Arrêtons-nous quelques instants sur la procréation médicalement assistée avant de poursuivre. La PMA est un acte médical visant à pallier l’infertilité d’origine pathologique. Qu’on le veuille ou non, les lesbiennes ne sont pas nécessairement infertiles sauf à considérer que l’homosexualité tienne lieu de pathologie, ce qui n’aurait pas de sens ou ce qui reviendrait à faire un incroyable bond en arrière. L’impossibilité pour les couples homosexuels de procréer n’a pas pour origine une quelconque discrimination de l’Etat à leur égard mais tient de leur condition homosexuelle propre. Invoquer la réparation d’une injustice qui n’existe pas n’a donc aucun sens. Par ailleurs, l’Etat concentre sa réflexion sur des sensations et des sentiments : la souffrance de ne pas pouvoir avoir d’enfant, le désir d’être père ou mère, le comble d’un vide etc… Or nous gagnerions davantage à concentrer notre réflexion sur la raison, non sur l’émotion. A ce jour l’Etat interdit nullement aux couples homosexuels d’avoir des enfants. Car c’est bien le moyen d’en concevoir qui fait l’objet de discussions. Étendre la PMA aux couples lesbiens revient de ce fait à institutionnaliser ce qui relève de l’accident, c’est-à-dire la création artificielle d’orphelins de père. La question fondamentale qui se pose relève de la morale comme de la science. Lorsqu’il s’interrogera sur qui il est et d’où il vient, l’enfant acceptera-t-il d’avoir été l’objet d’un commerce ? D’un contrat marchand ? Entendra-t-il d’avoir été conçu, fabriqué à l’aide de matériaux biologiques ? Les enfants issus d’un don de sperme cherchent bien souvent de manière frénétique qui a été le donateur anonyme. Le film canadien Starbuck hilarant et touchant, racontait l’histoire de 533 enfants déterminés à retrouver leur géniteur anonyme, un ado attardé de 42 ans. Cette histoire raconte une part de vérité, celle d’hommes et de femmes cherchant à s’inscrire le plus simplement du monde dans une lignée humaine, ce dont on prive les enfants nés de PMA ou de GPA.

    Par ailleurs, l’enfant a-t-il besoin de la présence masculine du père pour son développement tant physique que psychologique ? C’est à cette seule question que nous devons répondre, dans l’intérêt d’enfants que nous aurons sciemment privés de père [ou de mère dans le cas vu en début d’article]. Le bonheur parental est secondaire aussi cruel que cela puisse paraître. Car il y a une différence entre aimer un enfant que les aléas de la vie ont privé d’un père, et concevoir sciemment un enfant sans filiation paternelle, ou maternelle dans le cas de la GPA. Nous n’avons aucune idée précise, basée sur des études empiriques, des conséquences que peuvent avoir à long terme et sur plusieurs générations l’absence du père ou de la mère. Ou plutôt si, nous avons quelques idées mais elles ne vont malheureusement pas dans le sens de l’homoparentalité. Ainsi la Texas Christian University a réalisé une étude dont les conclusions montrent que chez les filles, l’absence totale ou partielle de père pendant l’enfance détermine chez elles une sexualité qui serait plus libérée mais surtout plus à risques. Un lien a également été établi entre la présence d’un père et une meilleure santé ainsi qu’une mortalité plus tardive pour les enfants. L’investissement et la présence du père biologique auraient également des conséquences bénéfiques sur les résultats scolaires et le développement économique et social. Dès 1982, Patricia Draper et Henry Harpending montraient que l’absence du père pouvait avoir une influence sur la sexualité de sa fille. D’après leurs études, une présence paternelle partielle ou inexistante signifie pour la jeune fille que l’investissement masculin dans le cadre strictement reproductif est limité voire peu utile. C’est l’adaptation à ce principe qui conduirait les filles à adopter, dans ce cas, une vie sexuelle plus précoce et plus à risque afin d’adopter une stratégie de maximisation de leurs chances reproductives. Ces études demeurent perfectibles. Elles offrent du reste d’intéressantes perspectives d’analyse des comportements féminins dans une société où l’absence ou l’inexistence du père est aujourd’hui largement minimisée. Elles tordent également le cou à une idée reçue qui veut que les jeunes filles d’aujourd’hui sont bien plus précoces que leurs aînées à cause de la pornographie, des clips musicaux ou de l’image de la femme-objet dans la publicité. Si ces facteurs y contribuent, l’ère du divorce de masse qui a engendré une société sans père pourrait bien en être l’une des raisons principales.

     La manipulation du vivant pose également des problèmes éthiques qu’aucune barrière morale ne semble arrêter. Lorsque la Manif pour tous diffusa une affiche représentant un bébé au milieu de légumes en interrogeant : « Après les légumes OGM, les enfants à un seul parent ? », Marlène Schiappa, demanda aussitôt son retrait. Contrairement à ce qu’on put lire ou entendre de la part des journalistes et politiques pros-PMA, l’objectif n’était pas de comparer les enfants nés (ou à naître) sous PMA avec des légumes OGM.  L’objectif était ici de montrer que l’enfant n’est plus sujet, mais objet de droit. Se pose aussi la question de la prise en charge de la PMA par la société. Ce qui relevait auparavant de l’acte médical relèvera désormais de l’acte de pure convenance. Son remboursement sera donc sujet à explications. Son non remboursement aussi puisque si les couples hétérosexuels sont pris en charge, pourquoi les couples lesbiens ne le seraient-ils pas ? Selon l’idéologie du genre, l’orientation sexuelle tient du choix. C’est pourquoi le recours à la PMA ou à la GPA relèverait d’un libre choix également. Comment justifier dans ce cas sa prise en charge par la collectivité ? Par ailleurs, l’argument souvent énoncé qui consiste à dire que les femmes pratiquent déjà la PMA à l’étranger se heurte à l’objection suivante : le droit a pour objectif de définir un cadre législatif à la société, pas de justifier des pratiques tenant du fait accompli par l’inscription de celles-ci dans le marbre de la loi. Il ne faut pas confondre fait et droit. Par ailleurs si d’autres pays autorisent la PMA, libres à eux. Les parents d’enfants nés par PMA à l’étranger ont sciemment fait le choix de se mettre hors-la-loi. Exigeant alors la régularisation de la situation de leurs enfants, il n’appartient pas nécessairement à l’Etat d’accéder à leur requête lorsque celui-ci est mis au pied du mur.

      Ce qui est frappant dans le débat (quasi-inexistant) sur la PMA, c’est l’absence totale de questionnement éthique et moral. La seule question qui vaille serait celle de l’égalité des droits des parents. Ainsi lorsque s’ouvrira inévitablement le débat sur la GPA, quiconque mettra en garde contre les dérives eugénistes et malsaines du procédé sera aussitôt qualifié d’homophobe, d’arriéré ou de catho réac.

En Australie, une mère porte le bébé de son fils homosexuel. Que par la GPA, notre société occidentale puisse aujourd’hui légitimer l’inceste importe peu au regard des « injustices » que le droit et les nouvelles possibilités de la médecine peuvent réparer. La morale est sauve.

En Thaïlande, un bébé trisomique est abandonné à sa mère porteuse par ses parents biologiques australiens. Que la GPA pousse encore un peu plus loin le principe de marchandisation de la vie humaine – l’enfant faisant l’objet d’un contrat entre un fournisseur et son client – importe peu. Que la GPA permette à des femmes pauvres de vivre en « louant leur ventre – comme les ouvriers louent leurs bras » selon le mot de Pierre Bergé – aux femmes riches qui souhaitent s’exonérer des contraintes de la grossesse par le biais d’une forme modernisée d’esclavage importe peu. La morale est sauve car les injustices sont réparées. Triste société qui ne sait plus apporter la moindre réponse à la frustration, l’injustice ou le malheur. Nous sommes des enfants gâtés qui ne supportent plus d’être dans le camp de ceux qui ont moins. Et pourquoi a-t-il plus que moi ? J’ai moi aussi droit à l’enfant. A l’Etat de rééquilibrer la balance. Bientôt nous souffrirons d’être moins intelligent, d’être moins fort ou de ne pas avoir l’oreille musicale. Nous demanderons alors réparation à l’Etat pour ce qui nous semblera relever de l’injustice. Entrant dans l’ère du transhumanisme, porterons-nous plainte contre nos parents pour ne pas nous avoir donné les meilleures caractéristiques par la sélection des gènes ou de l’embryon optimal ? Jusqu’où tout cela ira-t-il ? Qui fixera les limites ?

*

       Triste société qui ne sait plus vivre. Car la frustration, l’injustice et le malheur font partie intégrante de la vie. Ce n’est guère par le droit qu’une société acquière la sagesse. « Quand un peuple n’a plus de mœurs, il fait des lois » disait Tacite. Ce « pour-toussisme » est l’apparence politiquement correcte d’une société nihiliste et malade. Après la déconstruction soixante-huitarde, aucune positivité n’a suivi. Le corps social déborde d’individualités incapables de se reconnaître dans un corps spirituel et philosophique commun. Ainsi c’est au droit de proposer à chacun une positivité sur-mesure. C’est la tyrannie du cas particulier. Hélas cette entreprise propose par conséquent un projet de société sans valeur, sans queue ni tête où chaque individu attend avec narcissisme et arrogance une réponse adaptée à son parcours de vie et à ses besoins. L’Etat est une entreprise qui dispose de ses services ressources humaines, marketing, commercial et après-vente ! Peu importe la rareté des gamètes qui conduiront tôt ou tard à leur marchandisation. Peu importe que la solution de l’adoption soit là, sous nos yeux, par l’assouplissement de ses conditions. Peu importe que les richesses de quelques-uns leur permettent de louer les meilleures mères porteuses et d’acheter les meilleurs enfants-produits. Tout désir doit appeler une réponse. Que l’injustice de la nature requière une solution médicale concernant la maladie, le handicap, bref tout ce qui augure la souffrance physique, relève de l’évidence. Mais s’agissant de la création de la vie, la mesure doit être de mise et rien ne saurait justifier cette fuite en avant du pour-toussisme.

       En attendant, les nouvelles techniques de procréation s’inscrivent dans une logique purement marchande qui exploite les femmes, principalement pauvres. Sylviane Agacinski dans Corps en miettes[2] montre qu’en Inde, une grossesse vaut 3 500 Euros. On paye 300 euros pour les ovocytes d’une ukrainienne que l’on peut revendre jusqu’à 5 000 Euros dans le cadre d’une fécondation in vitro. Derrière l’apparence des bons sentiments se cache une réalité économique de l’esclavage. On constate une contradiction évidente, de la part de la gauche pseudo progressiste, à dénoncer la folie du libéralisme économique, la perte des repères financiers, la déshumanisation des individus au service de la machine productive et dans le même temps, à encourager l’industrialisation du processus reproductif par le biais de la PMA, et bientôt de la GPA. Le marché qui s’ouvre et les enjeux financiers colossaux à venir n’ont aucune odeur s’agissant d’œuvrer pour le progrès. Comme le dit si bien la poétesse Marie-Hélène Verdier : « ces lois sociétales sont tout simplement des lois du marché que nous refusons de nommer parce qu’il faudrait nous tirer de notre aveuglement ou de notre confort ». Les ardents défenseurs de ces lois « progressistes » se font ainsi les idiots utiles d’un modèle de société qu’ils disent abhorrer. La question que l’on peut également se poser est la suivante : comment peut-on se prétendre féministe et envisager, au nom de l’égalité des droits, une pratique allant dans le sens de l’esclavage des femmes ? La femme enceinte porte un enfant dans son ventre pendant 9 mois, 24h/24, sept jours sur sept. Elle n’est pas soumise à un contrat qui détermine son temps de travail comme un ouvrier. Elle vit chaque instant, au plus profond de son être avec celui qu’elle porte. Or on lui demande de manière perverse de se tenir à l’écart d’elle-même. Les conséquences sur sa vie affective, sexuelle ou professionnelle, sont immenses autant qu’irréversibles. On peut effacer 10 ans d’une vie professionnelle de sa mémoire mais on n’efface jamais une grossesse. Dans Corps en miettes, Sylviane Agacinski se désole de devoir lutter pour expliquer en quoi il est scandaleux que l’on puisse imaginer louer le ventre des femmes. Elle déplore la fragmentation du corps humain dans le cadre de la PMA ou de la GPA, réduit à ses simples cellules, ovocytes ou encore spermatozoïdes. Le corps humain ne serait plus réduit qu’à ses simples fonctions utilitaires et l’expérience charnelle et érotique serait réduite au maximum. D’ailleurs, dans le cadre d’une GPA, quel est le rôle du père dans le processus d’accompagnement de la grossesse de la mère biologique de son enfant ? Si la mère biologique travaille à temps plein, le futur père est clairement à temps partiel…

*

Les enjeux que nous venons de soulever doivent questionner notre conscience et nécessitent une vraie réflexion spirituelle, philosophique et morale. La vie est un parcours initiatique vers l’être et non l’avoir, jalonné d’injustices, d’aléas, de réussites et d’échecs. Doit-on accepter et aimer la vie qui nous est offerte, contingente et mystique ? Ou doit-on au contraire considérer la vie comme un générateur d’injustices insupportables qu’il conviendrait à tout prix de réparer ?  La philosophie a longtemps apporté une réponse d’ordres éthique et spirituel. Songeons à la pensée stoïcienne qui repose sur l’acceptation de ce qui ne dépend pas de soi et dont le précepte d’Epictète : sustine et abstine (supporte et abstiens-toi) résume parfaitement la pensée. Songeons à l’amor fati de Nietzsche que l’on peut traduire par « aime ton destin ». Songeons également à l’épicurisme, non dans son acception tronquée de la quête frénétique de jouissance mais dans son sens initial : la recherche de la sagesse, des plaisirs simples, du bonheur, de l’acceptation de soi. Songeons au bouddhisme pourquoi pas. Ces principes de vie ne sont pas des solutions miracles mais tiennent lieu de paradigmes spirituels vers lesquels nous devrions tendre.

Victor PETIT

 

[1] Ce qui suggère que les prédispositions du corps sexué détermineraient les comportements, entrant ainsi en parfaite contradiction avec le principe qu’elle énonce selon lequel nos caractéristiques et comportements sont construits par notre environnement culturel, social et éducatif.

[2] Sylviane Agacinski. Corps en miettes. Flammarion. 2013.

2 Replies to “Le progrès… ou quand une sexagénaire donne naissance à sa petite-fille”

  1. Votre article est très intéressant, je n’ai pas tout lu, mais je réagis sur les conséquences psychologiques sur les enfants. On croirait que les gens font leur marché. Ils choisissent qui va porter leur enfant, avec les spermatozoïdes de untel et l’ovule de unetelle… D’un côté, je comprends le désir d’enfants de certains, mais de l’autre, je les trouve égoïstes et inconscients de priver un enfant de son père ou de sa mère car c’est le priver d’une partie de son identité et puis l’enfant a besoin du masculin et du féminin pour son équilibre. Autrement, il n’y aurait que des hommes ou que des femmes sur terre. L’être humain joue avec la vie, mais tout cela donnera des enfants perturbés et instables.

    J'aime

    1. Je vous remercie pour votre commentaire avec lequel je suis en accord. Le problème de notre époque réside dans notre incapacité profonde à épouser notre condition, quelle qu’elle soit. Nous sommes des enfants gâtés en somme. Malheureusement, il va falloir faire un choix. S’accepter et assumer, parfois dans la douleur ; ou revendiquer toujours plus de droits au risque de perdre totalement la raison…

      Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s