La parité ? Une hérésie !

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Temps de lecture : 6,40 minutes.

      Marlène Schiappa l’a dit. Il faut 50% de quotas de femmes dans tous les domaines. C’est à l’occasion du Women’s Forum Americas qui avait lieu à Mexico les 30 et 31 mai dernier. « Il n’y a pas de raison de laisser des quotas à 30% ou 40% alors que nous représentons 52% de l’humanité. 50% est déjà un compromis » a-t-elle dit. Qui est ce « nous » ? A quel titre s’exprime Marlène Schiappa ? S’exprime-t-elle en tant que femme ou en tant que Secrétaire d’Etat ? Du reste, que propose-t-elle s’agissant des secteurs majoritairement féminins ? L’enseignement ? La justice ? La santé ? Faudra-t-il des quotas d’hommes du coup ? Silence. L’idée de parité part du principe que les hommes et les femmes ont, au départ, les mêmes inclinations, les mêmes désirs ou encore les mêmes envies. Si certains secteurs sont majoritairement occupés par des hommes, et que d’autres sont majoritairement occupés par des femmes, dès lors, on peut considérer qu’il y a des inégalités. Car la parité exige une stricte répartition égale des sexes dans tous les secteurs. D’autant que les hommes sont souvent davantage représentés dans des secteurs fortement rémunérateurs, ce qui relève de l’intolérable pour le néo-féminisme paritaire. Pourtant, nous l’avons vu dans l’article consacré aux inégalités salariales (lien), une inégalité ne relève pas nécessairement de l’injustice. Et si ces écarts de répartition des hommes et des femmes résultaient purement et simplement du libre choix des individus ?

 

Des biologies différentes :

       En Norvège, pays considéré comme le plus égalitaire au monde entre les hommes et les femmes, on constate que 90% des infirmiers et 10% des ingénieurs sont des femmes[1]. Des politiques publiques ont été menées, visant par exemple à favoriser l’insertion des femmes dans le secteur de l’ingénierie ; elles n’ont donné aucun résultat. Kristin Mile, Commissaire en charge des questions sur l’égalité des chances confirme : « Vous obtenez un effet sur une ou deux années puis cela retombe immédiatement ». Camille Schreiner, de l’université d’Oslo a cherché à comprendre la raison de ces chiffres. Ainsi a-t-elle mené une étude dans 20 pays dont la conclusion est la suivante : moins le pays est égalitaire, plus le nombre de femmes dans les filières mécaniques ou techniques est élevé. A l’inverse, plus le pays est moderne et égalitaire, plus l’écart de proportion est important dans ces secteurs entre les hommes et les femmes. Le professeur de Psychologie Richard Lippa, de l’Université de Californie, a mené une étude encore plus vaste dans 53 pays, recueillant plus de 200 000 réponses[2]. Les questions de l’étude portaient non pas sur les métiers exercés par les sujets mais sur leurs inclinations et désirs s’agissant de leurs carrières professionnelles. Les conclusions sont sans appel et montrent que les hommes sont davantage intéressés par la mécanique, la technique, l’ingénierie ou encore la science. Les femmes sont davantage intéressées par les relations aux personnes, les secteurs sociaux ou encore médicaux et ce de manière égale dans tous les pays concernés par l’étude. Les conclusions de cette enquête ont depuis été corroborées par une nouvelle enquête[3] menée par deux chercheurs en psychologie des universités Becket de Leeds et du Missouri, lesquels évoquent un « paradoxe de l’égalité de genre ». On y constate que les filières scientifiques sont bien plus investies par les filles dans des pays moins égalitaires comme l’Algérie, l’Albanie, le Vietnam ou les Emirats Arabes Unis. A l’inverse, malgré des politiques ambitieuses visant à féminiser les filières scientifiques, seules 8% des étudiantes américaines se tournent vers celles-ci

      En dépit des différences culturelles qui peuvent exister de l’Occident à l’Asie en passant par le Monde Arabe, les aspirations des femmes et des hommes ressemblent fortement à ce que l’on considère comme des stéréotypes. On pourrait rétorquer que ces différences sont justement la résultante de stéréotypes ancrés profondément chez les garçons et chez les filles. Il n’en demeure pas moins que plus le pays est considéré comme égalitaire (la Norvège par exemple), moins il y a de parité. Pourquoi ? Parce que les hommes et les femmes, sensibilisés à la question de l’égalité entre les sexes, ayant la chance de vivre libres dans un pays de droits, font tout simplement ce qu’ils ont envie de faire. De plus, comme nous allons le voir, la biologie montre des inclinations très différentes, dès le plus jeune âge entre les garçons et les filles. Et ces différences sont évidemment perceptibles bien plus tard, au moment de choisir sa voie professionnelle.

       Nous savons aujourd’hui que les différences de production d’hormones sexuelles entre les deux sexes conduisent à l’identification formelle de comportements distincts. Le Professeur Simon Baron-Cohen, professeur de psychopathologie du développement dans les départements de psychiatrie et de psychologie expérimentale à l’université de Cambridge au Royaume-Uni, a montré que dès les premiers jours de leur vie, alors qu’ils n’ont été soumis à aucun diktat culturel ou éducatif, les nouveau-nés garçons observent davantage les jouets mécaniques que les nouveau-nées filles, lesquelles passent plus de temps à observer des photos ou images représentant des visages. Trond Diseth, Professeur et Directeur du département de Pédopsychiatrie de l’Hôpital National d’Oslo a également mené plusieurs études sur ce sujet. Voici la méthodologie de l’une d’elles portant sur l’attirance des garçons et des filles sur des jouets considérés comme sexués. Quatre jouets masculins, quatre jouets féminins et deux jouets neutres sont présentés à des bébés. Les résultats de l’étude montrent que dès l’âge de 9 mois, les garçons se dirigent vers des jouets dits masculins et les filles vers des jouets dits féminins. Leur préférence est nette, marquée et très différente d’un sexe à l’autre. Le Professeur Diseth admet que les stéréotypes genrés véhiculés par la société peuvent accentuer ou ralentir les prédispositions biologiques attribuées à chaque sexe, mais pas de manière décisive. En somme, la flexibilité du cerveau peut être affectée par notre milieu social et culturel mais guère significativement tant les prédispositions naturelles sont importantes. A propos de ces études, Joergen Lorentzen, chercheur norvégien au Centre Interdisciplinaire sur le Genre répond ceci : « Je pense que ce sont des recherches dépassées ». Il est intéressant de noter que pour les thuriféraires du genre, la science est un concept qui peut faire l’objet de modes et ainsi ne pas s’attacher nécessairement à décrire le réel.

 

Des aspirations différentes :

          Anne Campbell, Professeur de Psychologie Evolutionniste à l’Université de Durham, s’attache quant à elle à montrer que si les taux de testostérone moyens des deux sexes sont ce qu’ils sont, ils le doivent à l’évolution de l’espèce. Les caractéristiques maternelles, propres aux femmes proviennent de ce qu’Anne Campbell appelle une « mise en scène psychologique qui va aider la femme à accomplir sa tâche en lui donnant du plaisir […] » dans l’accomplissement de celle-ci. Si les femmes sont plus présentes que les hommes dans des secteurs ou l’empathie, l’écoute, l’entraide sont des valeurs décisives, c’est parce que les caractéristiques de leur sexe, résultats de centaines de millénaires d’évolution les y ont prédisposées. Néanmoins comment expliquer que dans les pays inégalitaires, les femmes se tournent vers des métiers plus technologiques et donc a priori plus masculins ? Tout simplement parce que dans ces pays, les choix de carrières sont extrêmement réduits. La possibilité de faire des études est limitée. Dans des pays minés par les dictatures, les guerres ou encore la pauvreté, le choix d’une carrière n’est pas une préoccupation majeure, l’enjeu prioritaire étant plus simplement de trouver un emploi, quel qu’il soit.

        Ainsi lorsqu’ils sont libres, les femmes et les hommes ont naturellement tendance à faire ce qu’ils veulent…  Sans contrainte, sans aliénation à leur propre survie et avec les moyens conséquents dont ils disposent, ils suivent leurs inclinations. Ici est le paradoxe. Avec la parité, nous œuvrons pour adopter la situation des pays inégalitaires. Avec la parité, nous feignons de rendre leur liberté aux gens alors que nous leur ôtons l’inestimable richesse du choix. Yann Carrière, Docteur en Psychologie prend l’excellent exemple du métier de bûcheron pour illustrer l’absurdité de la parité. Il n’existe aucune raison ni aucune justification permettant d’interdire aux femmes l’accès au métier de bûcheron. En revanche, il ne faut pas s’étonner que, s’agissant d’un métier requérant la force physique, voire l’agressivité de manière importante, un nombre bien plus conséquent d’hommes l’exercent. Hélas, ce type de raisonnement est impossible car condamné immédiatement par la doxa paritaire néo-féministe basée sur l’idéologie du genre. C’est ainsi qu’avait été licencié par son entreprise (Google) un ingénieur qui avait osé écrire, dans une note interne, que considérant les aspirations générales des deux sexes, il serait bien compliqué d’établir la stricte parité dans les métiers informatiques. Point de vue que je partage mais qui demeure bien entendu discutable par tout un chacun. Mais pas chez Google qui s’était empressé de le licencier. Il est effrayant de constater que ce sont ces entreprises (avec Facebook, Twitter etc.), aussi imprégnées d’idéologie, qui contrôlent la liberté d’expression et les opinions via les réseaux sociaux, et créent les conditions d’un insupportable prêt-à-penser.

 

La parité, cette hérésie :

         La parité est une négation de la spécificité des sexes, postulat de départ de la théorie du genre. Ubuesque, tant il existe bel et bien des différences d’ordre général entre les hommes et les femmes, lesquelles ne constituent pas nécessairement des injustices s’agissant de la répartition des sexes dans le monde professionnel. En définitive, la parité est une hérésie qui vise à contraindre les femmes et les hommes à faire ce qu’ils ne veulent pas faire. Le totalitarisme en marche.

Victor PETIT

 

[1] C’est ce que montre Harald Ela dans son documentaire Le paradoxe norvégien. Suite à ce reportage, l’état de Norvège mit fin à quinze ans d’études et politiques sur le genre financées par le contribuable. https://www.youtube.com/watch?v=hQYiub1hkSw

[2] http://psych.fullerton.edu/rlippa/

[3] http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0956797617741719?journalCode=pssa&

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