JUSTICE – Michael Sandel

Temps de lecture : 14 minutes.

Auteur : Michael Sandel

Date de parution : 30 Mars 2016

        C’est un livre exceptionnel dont je dresse ici la fiche de lecture. Un livre de philosophie d’une grande clarté, riche autant que simple à lire car étayé de nombreux exemples concrets. JUSTICE, de l’américain Michael Sandel, est un ouvrage que j’ai lu et relu tant il m’a appris et profondément marqué. Je tente ici de formuler un résumé des grandes idées de ce livre dont je ne peux que vous conseiller la lecture.

Introduction :

     Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de définir ce qu’est la justice. Au travers de quelques exemples et exercices de pensée, l’auteur vient à considérer la justice comme relevant de trois axes majeur : la maximisation du bien-être, la garantie des libertés individuelles et la promotion de la vertu. S’interroger sur l’idée de justice revient à s’engager dans un curieux processus dialectique autour de ces trois items. Le problème, c’est que ces axiomes qui composent l’idée de justice font difficilement consensus.

      Prenons l’exemple de la GPA. Si la Gestation Par Autrui procède de la liberté et de l’égalité pour ses thuriféraires, elle pose un dilemme moral pour ses détracteurs. Un autre exemple proposé par l’auteur montre parfaitement cette difficulté à unifier les axiomes de la justice. Le 28 juin 2005, l’Opération Red Wings mobilisait 4 Navy Seals qui avaient pour but de tuer ou capturer un chef taliban nommé Ahmad Shah. Après avoir pris leurs quartiers discrètement dans la montagne, les quatre hommes furent découverts par trois bergers qui dirigeaient leurs troupeaux. Se posa alors pour les militaires le dilemme suivant : tuer les bergers (qui pouvaient révéler leur position et mettre à mal la mission) afin de poursuivre leur but de maximisation du bonheur (du point de vue américain bien entendu), ou agir de façon vertueuse en laissant partir les bergers innocents au risque que ces derniers finissent par révéler leur position et fassent ainsi échouer la mission. Les américains choisirent démocratiquement la seconde issue, ce qui conduisit à la mort de trois des quatre hommes ainsi qu’à celles de 16 militaires venus les secourir dans le crash de leur hélicoptère, abattu par les talibans. Là encore, cet exemple montre toute la difficulté de discuter de l’idée de justice tant celle-ci couvre un large spectre de notions diverses voire contradictoires. Soljenytsine ne s’y trompait pas, lui qui considérait que « quand les hommes sont libres, ils ne sont pas égaux. Quand ils sont égaux, ils ne sont pas libres », montrant ici le dilemme entre la maximisation du bien-être par la liberté d’un côté et la vertu de l’autre.

      Rappelons ici les trois axiomes de l’idée de justice : maximisation du bonheur, garantie des libertés individuelles, promotion de la vertu. Ces trois axiomes convoquent trois conceptions de la justice : l’utilitarisme (pour la maximisation du bonheur), le libéralisme (pour la garantie des libertés individuelles), le conservatisme (pour la promotion de la vertu). Ici peut-on glisser un constat : si les théories modernes s’interrogent davantage sur la notion de liberté, les théories antiques de la justice s’interrogeaient autrement plus sur la notion de vertu. Etudions de plus près ces trois conceptions.

L’utilitarisme :

      L’utilitarisme est une doctrine philosophique de la justice développée par le philosophe Jérémy Bentham et qui part du postulat suivant. Nous sommes tous gouvernés par deux sentiments : le plaisir et la douleur. L’idée de Bentham consiste à établir une morale basée sur la maximisation du bonheur du plus grand nombre. De prime abord, quantifier le bonheur paraît une idée simple et efficace pour conduire le corps social à la justice. Or l’utilitarisme pose un problème. Il ne respecte pas les droits des individus car c’est le plaisir du plus grand nombre qui prime. Pour illustrer cette faille, l’auteur propose l’exemple suivant. Dans la Rome antique, les romains prenaient plaisir à voir des chrétiens se faire déchiqueter par des bêtes sauvages dans le Colisée. Or ici, la maximisation du bonheur niait les droits les plus fondamentaux des chrétiens, leur liberté et leur dignité au profit du bonheur du plus grand nombre.

*

         John Stuart Mill, disciple de Bentham, tentera d’appliquer une sorte de morale individuelle à la doctrine utilitariste de son maître. Mill considère que chaque individu est propriétaire de lui-même et que tant qu’il ne nuit à personne, ses droits doivent être garantis. Mill considère que l’utilitarisme ne doit pas être utilisé au cas par cas mais sur le temps long. Alors, la liberté des individus et le respect de leurs droits maximiseraient le bonheur sur le long terme. L’utilitarisme de Bentham ne rejette pas l’idée que des individus puissent voir leurs droits et leur dignité brimés. Mais Mill considère que ce bonheur ne saurait durer. La dimension morale qu’il incorpore a donc pour but de maximiser le bonheur à long-terme. Finalement, l’utilitarisme de Mill rejoint d’une certaine façon la doctrine morale de la justice que nous allons maintenant étudier : le libéralisme.

Le libéralisme :

         On peut définir le libéralisme de façon synthétique en disant qu’il est une doctrine philosophique de la justice favorable à la liberté des marchés, et qui s’oppose à toute forme de régulation étatique et ce, non pour des raisons économiques, mais davantage pour des raisons de liberté individuelle. On est ici en plein dans le deuxième axiome de la définition de la justice. Il existe de nombreuses formes de libéralisme qui vont d’un libéralisme égalitaire (le plus fréquent) au libertarisme qui est une doctrine extrêmement rigoureuse de la propriété totale de soi (elle autorise entre autres la GPA, la prostitution, la vente de ses organes et considère l’impôt comme un vol de l’Etat).

*

         Dans le but d’accéder à la dimension fondamentale de la liberté, sans céder aux sirènes extrémistes du libertarisme, Kant a dessiné les contours d’une philosophie libérale et morale fondée sur le respect de l’individu en tant que fin en soi. Kant est un libéral. Ce n’est pas un libertarien. Il récuse l’idée que nous puissions être totalement propriétaires de nous-mêmes (il refuse le don d’organes, la prostitution voire le sexe pour le plaisir puisque le partenaire est utilisé comme un moyen, non comme une fin. Dans le cas du don d’organes ou de la GPA, c’est soi-même qui est considéré comme un moyen).

              Kant distingue deux types d’action. L’impératif hypothétique : une action mène à un résultat jugé bon. Pour obtenir X, il faut faire Y. Ici, l’action n’est définie que relativement à son résultat. Le deuxième type d’action est l’impératif catégorique. Ici, l’action est bonne en elle-même, de façon catégorique, sans exception. Sa théorie de la justice rejette l’utilitarisme et se fonde sur l’idée d’un contrat social basé sur une conception morale des principes qui vont gouverner la vie collective : cette conception morale, c’est l’impératif catégorique, lequel se définit par trois principes majeurs :

  • Principe d’humanité : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’il te fut fait ».
  • Principe d’autonomie : J’obéis à la loi que je me fixe moi-même. Cette loi morale est a priori (par opposition à l’utilitarisme, elle ne prend pas en compte la dimension empirique de l’action, donc ses conséquences). Cette loi n’est soumise à aucun diktat de la nature ou des conventions sociales.
  • Principe d’universalité : « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle ».

         Pour Kant, la liberté dépend de notre capacité à raisonner et non de notre capacité à satisfaire nos désirs. Si le bonheur passe par la satisfaction de nos désirs, ainsi nous sommes esclaves de ces derniers, comme les animaux. Nous avons alors l’illusion de la liberté. Or la liberté, selon Kant, passe par la capacité à fixer soi-même ses propres lois.

     Si par sa vision, Kant a bouleversé la philosophie morale de la justice, on peut formuler plusieurs critiques. La première est que si le principe d’autonomie libère l’individu des diktats de la nature ou des conventions sociales, alors l’individu n’est plus clairement humain car ce sont précisément les conventions sociales (la culture, les valeurs communes, la spiritualité, les mœurs…) qui l’éloignent de son essence animale et font de lui un être accompli (« L’Homme est par nature un être de culture » selon François-Xavier Bellamy). Et ces conventions sont nécessaires à la vie en société. La deuxième critique est que, sans une forme nuancée d’assujettissement à une culture et à des conventions sociales, le principe d’autonomie peut conduire au relativisme en ce qu’il laisse libre court à chacun de définir son propre système moral. Dans une société multiculturelle comme la nôtre, c’est évidemment un problème. La troisième critique est la suivante : pour Kant, la valeur d’une action réside non dans ses conséquences, mais dans l’intention qui lui a présidé. Or porter un regard critique sur l’action des nazis ? Des islamistes ? Leurs intentions n’étaient-elles pas bonnes pour eux ! N’avaient-ils pas le sentiment de poursuivre un juste dessein ?

*

           Le grand théoricien de la justice libérale est le philosophe politique américain John Rawls, dont l’œuvre a eu pour vocation de dessiner les contours d’un libéralisme égalitaire largement usité dans nos sociétés occidentales. L’idée de Rawls est que, pour parvenir à un système juste, il est nécessaire qu’un accord hypothétique soit conclu par des individus placés dans une position originelle d’égalité. C’est ce que Rawls appelle « le voile d’ignorance ». Cette expérience de pensée se déroule comme suit : imaginons des individus qui ne se connaissent pas et qui n’ont aucune idée de la place sociale ou identitaire qu’ils occuperont dans leur vie. Chacun pourra penser, en accord avec les autres, un système de justice dans lequel il sera à peu près sûr de n’être lésé nulle part. Alors, l’utilitarisme ne sera pas privilégié car les individus auraient peur d’occuper une place minoritaire où leurs droits seraient en danger. Ils ne choisiraient pas non plus le libertarisme car ils craindraient d’être dépourvus d’armes pour affronter un monde de pur laisser-faire.

          Rawls défend un libéralisme fondé sur la redistribution des richesses dans le cadre d’un système au sein duquel l’égalité n’est pas tant la fin que la mise en place de règles équitables pour tous. Ce système a été dénoncé par les libertariens (les libéraux « extrêmes ») comme Robert Nozick, lequel considère l’impôt comme une spoliation d’Etat autant qu’une atteinte aux droits individuels. Nozick illustre son propos à l’aide de cet exemple : imaginons que Michael Jordan ne soit payé qu’à l’aune des tickets que les spectateurs déboursent pour le voir jouer. Sur chaque ticket vendu 10 dollars (pour faire simple), Michael Jordan gagne 1 dollar. A la fin de la saison, 1 million de personnes sont allées voir Jordan, lequel gagne donc 1 million de dollars. Nozick considère que, si les spectateurs ont dépensé sciemment leurs dollars pour aller voir un spectacle qui leur procure du plaisir en rémunérant légitimement Jordan, tout le monde est content et l’Etat, en prélevant un impôt sur le pactole de Jordan, ne fait en réalité que le voler. Ici, libéralisme exacerbé et utilitarisme vont de pair. Rawls contredit la théorie de Nozick en invoquant ce qu’il appelle le « principe de différence ». Pour Rawls, les inégalités ne sont pas injustes dès lors que les plus favorisés redistribuent une partie de leurs richesses. Selon lui, si Jordan fait fortune dans le basket, c’est parce qu’il est doté de qualités dont il n’est pas entièrement responsable (une sorte de privilège de naissance). Alors bien entendu, on pourrait évoquer le mérite de Jordan et son travail. Mais évoquer le mérite ne suffit pas. Je pourrais passer du temps sur les parquets et travailler quatre fois plus que Jordan, je n’aurais pas le centième de son talent. Mériterais-je les émoluments de Jordan pour le simple prix de mon effort ? Assurément non. Jordan exploite des qualités dont il n’est pas entièrement responsable d’une part, et que la société valorise d’autre part. C’est une chance. Si la société valorisait le curling ou la poterie plutôt que le basket, Jordan ne serait pas devenu Jordan. Pour Rawls, plus nous envisageons notre succès comme relevant de notre seul fait, mois nous nous sentons concernés par notre prochain. Le principe de différence cherche à corriger cela. Définir la justice n’a rien à voir avec la fin à atteindre, soit une vaine égalité. Une société est juste lorsqu’elle fixe des règles connues et équitables.

        Dès lors, il n’est pas étonnant que Rawls se prononce en faveur de la discrimination positive. Les inégalités économiques ne peuvent exister qu’au prix d’une forme de redistribution. Or si les écoles qui pratiquent la discrimination positive le font au nom d’un but commun en privilégiant le bonheur général (la société dans son ensemble) en rognant les droits individuels d’une minorité, alors on s’approche de l’utilitarisme de Bentham. Par ailleurs, on constate que les courriers de réponse aux demandes d’admission sont toujours très discrets quant aux raisons réelles qui ont motivé une acceptation ou un refus de la candidature. En toute honnêteté, un candidat admis par la grâce partielle de la discrimination positive devrait recevoir une réponse du style : « malgré vos qualités en dessous des standards d’admission, votre profil s’inscrit dans notre politique d’inclusion. Vous êtes par conséquent accepté. » Au lieu de cela, les courriers ont plutôt cette teneur : « A la faveur de vos qualités, nous avons le plaisir de vous faire part de votre admission… » Idem dans l’autre sens. Une personne refusée  au titre de la discrimination positive devrait recevoir ce courrier : « en dépit de vos qualités qui sont tout à fait compatibles avec nos standards d’admission, nous sommes contraints de refuser votre candidature, votre profil ne s’inscrivant pas dans notre politique d’inclusion ». Là aussi, un courrier plus policé est toujours privilégié. Pourquoi cette gêne à évoquer les vraies raisons sinon le fait qu’au fond, les universités ne poursuivent pas le but ultime prôné par la discrimination positive et demeurent pleinement attachées à l’idée de mérite et d’honneur ?

*

        Les conceptions kantienne et rawlsiennes de la justice rejettent les idées collectives de mérite, d’honneur et de vertu en privilégiant une morale et un système de justice individuels et émancipateurs. Malheureusement, dans un système tel que celui-ci, chacun se fait son idée de la morale et de l’importance qu’il attache à ces valeurs. Comment ne pas sombrer dans un certain relativisme en pensant de cette manière ? Comment espérer vivre ensemble sans un socle commun de valeurs et une vision collective de la justice ? C’est ici que l’on en vient à la pensée conservatrice d’Aristote.

Aristote :

       Pour Aristote, la justice est téléologique (du grec Telos qui signifie : fin, but). Pour définir des droits et un système juste, il est nécessaire de penser le but de la pratique en question. Par conséquent, la justice est honorifique. Car définir le but de la pratique revient de fait à définir ce qui est honorable, ce qui tient de la vie bonne. Comme évoqué en préambule, les conceptions modernes de la justice visent à établir des principes neutres vis-à-vis des fins observées. Elles cherchent à dissocier les questions d’équité et de droit des considérations relatives à la morale, à l’honneur ou à la vertu. Contrairement à Bentham ou Rawls, Aristote considère qu’il est impossible d’évacuer la dimension morale collective dans la quête de la justice.

       Pour déterminer la juste répartition d’un bien, Aristote considère que l’on doit en premier lieu réfléchir au telos du bien en question. Cette dimension nous paraît surprenante aujourd’hui car notre conception de la justice demeure définie par les idées d’égalité et de neutralité. Or elle est très pertinente. Prenons l’exemple d’une toile du Caravage. Cette toile fait l’objet d’une vente aux enchères. Un riche homme d’affaires l’acquiert pour plusieurs centaines de millions d’Euros. Excentrique, il découpe la toile et s’en fait un parasol. Le libéralisme considère que cet homme a parfaitement le droit de faire ce qu’il veut de cette toile. Aristote considère cette folie comme injuste car la finalité de cette toile merveilleuse n’est pas de satisfaire les caprices d’un homme riche, mais bien davantage d’émerveiller les sens et l’âme de qui l’admire. En bref, sa juste place est dans un musée, non recyclée en parasol. Autre exemple : imaginons le stradivarius ultime, le violon le plus parfait jamais fabriqué. Ce violon est utilisé par de jeunes apprentis violonistes qui ont un an d’étude dans une obscure école de musique anonyme. Aristote, là encore, considère que la place de ce violon d’exception est entre les mains expertes d’un virtuose, et que, d’une certaine manière, il a été conçu pour cela. C’est là sa juste place.

        Aristote rejette l’idée d’une politique qui aurait pour but utilme l’instauration d’une justice neutre qui se contente de fixer des règles. Pour Aristote, la finalité de la politique est de former des citoyens responsables qui cultivent la vertu propre à la vie bonne en société. Voici ce qu’il écrit dans Les Politiques : « La loi est pure convention. Elle est un garant de la justice dans les rapports mutuels, mais elle n’est pas capable de rendre les citoyens bons et justes. » Le problème des conceptions kantiennes et rawlsiennes, c’est le désengagement de l’individu vis-à-vis du collectif (se référer au vote des jeunes, souvent très faible) sa prise de pouvoir sur le corps social. La théorie de la justice et de la politique d’Aristote, a contrario, a pour objectif, en dessinant un but commun, d’impliquer le citoyen et de lui donner corps au sein du collectif. A ce propos, voici les mots particulièrement clairvoyants de l’auteur : « Le politique vidé de tout engagement moral substantiel entraîne un appauvrissement de la vie civique. C’est aussi la porte ouverte aux moralismes étriqués et intolérants. Les fondamentalistes appuient fortement là où les libéraux craignent d’avoir la main trop lourde ».

        L’éducation morale, selon Aristote, a moins à voir avec la promulgation de règles qu’avec la formation d’habitudes et de caractères, ce qu’une nation en harmonie avec sa culture peut aisément générer. On ne peut pas se demander ce qu’est le juste si l’on ne réfléchit pas à ce qu’est la vie bonne. Par ailleurs, selon la conception aristotélicienne de la justice, la question de la discrimination positive est avant tout celle de sa finalité, son telos. L’université poursuit-elle l’excellence académique ? Ou a-t-elle un but social et civique ? C’est par ce seul dilemme que l’on peut justifier de la pertinence de cette mesure.

         En bref : pour illustrer l’importance du Telos, la question du Mariage pour tous est  un exemple tout à fait pertinent. Les libéraux disent que cette mesure répond à une problématique de liberté. Dans ce cas, pourquoi ne pas autoriser la polygamie ? Si la seule question qui vaille est celle de la liberté des individus, il n’y a aucune raison de ne pas autoriser le mariage à plusieurs. Pourquoi ne le faisons-nous pas ? Parce que le modèle de société occidental n’accepte pas moralement cette idée. D’où la stupidité des libéraux qui demandent systématiquement d’écarter toute dimension morale dans ce type de débat.

En conclusion :

         Cette fiche de lecture paraît fort détaillée et peu synthétique. En réalité, elle l’est largement au regard du livre de Michael Sandel, lequel fourmille d’exemples concrets dont je n’ai pu rendre compte ici. La définition de la justice que donne Michael Sandel s’inscrit pleinement dans notre époque contemporaine, laquelle semble avoir définitivement abandonné les clivages de classes pour une opposition nette entre libéraux et conservateurs. Il va de soi que chacune de ses visions comporte des forces et des faiblesses et qu’en dépit de ce que beaucoup peuvent penser – principalement à droite – libéralisme et conservatisme sont, selon moi, difficilement conciliables si l’on prend le parti d’aller au bout de ces deux logiques. Ce serait si facile…

Bref, lisez ce livre.

Victor Petit

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