La chienlit pour la bonne cause !

Temps de lecture : 3 minutes

        Il y a quelques jours, j’écrivais un article traitant de la condamnation à de lourdes peines de prison ferme prononcées à l’encontre de trois hauts-dignitaires de Génération Identitaire, responsables d’une action symbolique visant à dénoncer les manquements de l’Etat dans sa gestion de l’immigration clandestine. Bien qu’aucune dégradation n’avait été constatée, ni quoi que ce soit d’un tant soit peu répréhensible, la justice considéra que l’action engendrait un trouble à l’ordre public ; qualificatif particulièrement arbitraire qui cachait en réalité une décision politique, idéologique et morale. Je constatais dans cet article que ce n’était pas la première fois que des juges sortaient du cadre de leur mission – faire respecter la loi – en convoquant de plus en plus la morale, non le code pénal pour faire justice. Les affaires Méric/Morillo et Herrou l’avaient montré récemment.

 

Memento :

      Je ne fus qu’à moitié surpris, mais tout aussi désolé d’apprendre que les « décrocheurs/voleurs » des portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies avaient été relaxés. Pour rappel, des activistes écologistes avaient trouvé intelligente l’idée que dérober des photos du Président de la République française dans des hôtels de ville diminuerait l’intensité du réchauffement climatique. Leurs forfaits constituaient deux choses : un vol caractérisé répréhensible par la loi et une atteinte à un objet symbolique qui aurait pu constituer une circonstance aggravante (que l’on soit d’accord ou non avec lui, les portraits chapardés ne constituent pas des odes à Emmanuel Macron mais davantage un rappel symbolique à la haute institution que figure la République française dont le Président est l’incarnation).

Surpriiiise motherfucker :

Hélas, un juge lyonnais a donc considéré que ces vols furent exécutés pour la bonne cause. Ce fieffé coquin a donc posé son enrobé derrière sur le code pénal s’agissant du vol autant que sur sa déontologie. Voici un extrait de sa décision : « Face au défaut de respect par l’État d’objectifs pouvant être perçus comme minimaux dans un domaine vital, le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique ; des messages à l’adresse du gouvernement peuvent ainsi être diffusés au moyen de rassemblements dont les organisateurs et les autorités s’efforcent de limiter le trouble à l’ordre public ». On croit rêver. Qui est ce juge pour estimer que l’Etat est en défaut de respect de ses objectifs ? Quelle est donc sa compétence en matière de science ? Et qui est ce juge pour considérer même que l’écologie est un domaine vital ? Et si l’écologie est bien évidemment un domaine vital, quelle est sa légitimité pour considérer que trop peu est fait ? On a donc, dans l’affaire Génération Identitaire, une justice qui condamne une association qui n’avait rien fait de proprement inégal  dont les motivations étaient précisément de rappeler l’Etat à ses obligations – inscrites dans la loi. Et on a ici, dans l’affaire des décrocheurs de portraits, une justice qui relaxe des militants écologistes qui ont commis des actes délictueux et dont les motivations étaient également de rappeler l’Etat à ses obligations. Rien d’ubuesque là-dedans. Juste la traduction factuelle et indiscutable de la partialité politique et idéologique de la justice.

 

Ecologistes, militants anarchistes, no-border et blacks blocks, c’est OPEN BAR :

S’il eût été concevable d’entendre le motif écologique revendiqué par les larcineurs, comment ne pas avoir condamné ces derniers ne serait-ce qu’à des peines symboliques ? 500 Euros avaient été requis, ce qui aurait constitué une reconnaissance sans équivoque de ce qui relève du vol caractérisé sans pour autant tomber dans la sanction outrancière. Au lieu de cela, le juge donne un blanc-seing à ces activistes et fait passer un message dangereux : « Cassez, dégradez, volez ! Si c’est pour la bonne cause, vous n’avez rien à craindre de la justice ». Une fois de plus, la justice montre toute son idéologie partisane et s’écarte fort dangereusement de sa mission : celle de faire respecter la loi. La justice n’a pas pour vocation de dire ce qui relève du bien et du mal. Dans Les Essais, Montaigne écrit que « les lois qui se maintiennent à crédit autour de nous tirent leur autorité non de ce qu’elles sont justes, mais de ce qu’elles sont lois ». Cette conception de la justice est précisément ce qui garantit son indépendance et ce depuis Aristote.

*

    La justice renverse dangereusement ce principe et lorgne toujours plus vers l’idéologie, la politique et la moraline d’Etat. Si dans le cas présent, l’affaire porte sur le vol de simples portraits, qui sait jusqu’où ira la tolérance des juges tant que « c’est pour la bonne cause » ? Et ce d’autant plus que les textes de loi et sanctions attenantes ne sont même plus observés…

Victor PETIT

<blockquote class= »twitter-tweet »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Sarah Massoud (syndicat de la magistrature): &quot;Un juge doit être impartial, mais il n'est pas neutre&quot; <a href= »https://twitter.com/hashtag/Sp%C3%A9cialeBFMTV?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#SpécialeBFMTV</a&gt; <a href= »https://t.co/3D0MGOmOJJ »>pic.twitter.com/3D0MGOmOJJ</a></p>&mdash; BFMTV (@BFMTV) <a href= »https://twitter.com/BFMTV/status/1176947712811577345?ref_src=twsrc%5Etfw »>September 25, 2019</a></blockquote> https://platform.twitter.com/widgets.js

 

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