Assa Traoré – Mila : Le peuple contre les médias

Temps de lecture : 6 minutes

Reconnaître un clivage entre le peuple et la classe médiatique relève de l’enfoncement de porte ouverte. Néanmoins, il est toujours bon de saisir les exemples que nous suggère l’actualité pour demeurer alerte sur le sujet. Cette semaine, deux événements médiatiques ont à nouveau éclairé les français d’une lumière froide et implacable sur la réalité de ce clivage. Quand de l’autre côté de l’atlantique, le Time Magazine, illustre représentant de la caste médiatique bien-pensante et progressiste américaine, désignait Assa Traoré – figure auto-proclamée de la lutte contre les violences policières et le « racisme systémique » – Guardian of the year, information dont toute la caste médiatique française devait évidemment se faire l’écho, sur notre vieil hexagone, les auditeurs et téléspectateurs de RMC et BFM STORY plébiscitait Mila, jeune lycéenne victime d’un terrible lynchage médiatique et social pour avoir critiqué l’Islam, au titre de « Grande gueule de l’année 2020 ».

Il n’y a rien de surprenant à déplorer que le Time Magazine, référence médiatique s’il en est, célèbre Assa Traoré comme « gardienne de l’année » (et non gardienne de la paix de l’année) tant elle symbolise l’importation sur notre sol de l’idéologie indigéniste, portée aux nues depuis de longues années aux États-Unis. Rappelons qui est Assa Traoré : une porte-parole d’une famille de délinquants et criminels multirécidivistes ; une organisatrice de manifestations hors-la-loi où l’on a pu entendre des slogans enjoignant les policiers à se suicider et une prêtresse de la haine des flics et de la France. En somme, le feu qui jaillit de la bouche du dragon-Assa ne fait qu’entretenir les braises d’une détestation de notre nation jugée « systémiquement » raciste, et d’une détestation de la police accusée de violences discriminatoires et de contrôles au faciès. Sur ce dernier point, qu’Assa Traoré se souvienne que la Police ne contrôle pas un faciès mais une probabilité[1]. Et qu’elle se souvienne à quel point les jeunes habitants des quartiers, majoritairement non-blancs (selon le vocabulaire consacré), font en réalité l’objet d’une sidérante lâcheté mansuétude de l’état français qu’elle accuse pourtant d’être raciste quand, dans le même temps, les gilets jaunes, majoritairement blancs, ont fait l’objet d’une répression que l’on n’a jamais observé dans aucun quartier…

*

Ainsi, le choix du Time n’est pas anodin. Il révèle la volonté de désigner un « racisme systémique » qui serait en réalité propre à la civilisation occidentale, coupable de tous les maux. Les contextes français et américains n’ont pourtant rien à voir, contrairement à ce que martèle Assa Traoré (proportionnellement, il y a dix fois plus de personnes tuées par la police américaine…). Mais le Time Magazine, comme bon nombre d’organes de presse américains et français, prend un malin plaisir à faire de la police française l’équivalent des cops US. Derrière cette analogie, il y a la promotion médiatique d’un discours victimaire, racialiste, nihiliste, séparatiste, le tout saupoudré d’une bonne dose de haine de soi et d’une névrose obsessionnelle s’agissant de la couleur de peau.

Les médias ont plébiscité Assa Traoré, invitée sur tous les plateaux, à tous les micros, dans toutes les rédactions bien-pensantes de la presse gauchisto-progressiste de France et de Navarre. Sa présence en une du Time, au titre de Guardian of the year, constitue pour elle et l’idéologie qu’elle porte tant une forme de consécration que de légitimation. Cette idéologie, c’est celle d’un nouveau racisme incarné dans la haine des blancs, responsables de tous les maux, laquelle haine, se parant des atours de l’antiracisme, s’est construit un véritable totem d’immunité. Assa Traoré et le Time portent le même combat : les blancs doivent expier leurs fautes, battre leur coulpe – ce qu’ils ne cessent pourtant de faire en permanence –, se soumettre à la tyrannie des minorités en mettant le genou à terre (cf l’hystérie « Black Lives Matter »), déconstruire leurs cultures qui seraient impérialistes, colonialistes, esclavagistes et qui aurait engendré le fameux racisme « systémique » – concept qui a autant de poids que la théorie des cinq éléments d’Aristote.

Pire encore, par pornographie repentante, ce combat en vient à renverser le devoir d’intégration. C’est désormais aux majorités autochtones de se plier aux coutumes et aux us des minorités allochtones. En France, l’exemple du blasphème – et c’est là que le parallèle avec la jeune Mila est intéressant – est à ce titre éloquent. Qui aurait, pu croire, il y a à peine une trentaine d’années, que des politiques lâches et corrompus de gauche comme de droite, de la désastreuse Ségolène Royal au vil Bruno Retailleau en passant par l’islamogauchiste Edwy Plenel, puissent aujourd’hui émettre des réserves quant à la liberté de blasphémer ? Des Versets sataniques de Salman Rushdie aux caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo en passant par la jeune Mila, les polémiques autour de la liberté de blasphémer (essentiellement l’Islam) ne cessent d’enfler depuis trente ans. Et le peuple français se voit de plus en plus sermonné quant à cette pratique qui tient pourtant de son histoire et de sa culture depuis des siècles. En 2012, alors que Charlie Hebdo venait de publier des caricatures de Mahomet, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault disait ceci : « Est-ce que c’est pertinent et intelligent de mettre de l’huile sur le feu ? La réponse est non ». Au moins, Ayrault concédait insidieusement qu’il y avait le feu. Mais, préférant renier une tradition française (l’irrévérence, la caricature, le blasphème) en appelant à la réserve plutôt que de combattre avec fermeté les convictions religieuses fascisantes des renégats, Ayrault expliquait aux français que c’était à eux de s’adapter aux exigences et autres susceptibilités culturelles des nouveaux arrivants…

Assa Traoré porte ce ressentiment ; cette haine de la culture et des valeurs françaises, et plus globalement de la civilisation occidentale ; cette volonté de détruire cette culture et d’instaurer un rapport de forces interethnique[2] et interculturel. Et c’est à elle que la caste médiatique a ouvert les bras. Et c’est à elle que le Time a offert le titre de « gardienne de l’année »…

*

Venons-en à Mila. La semaine qui voyait la consécration médiatique internationale d’Assa Traoré en une du Time, la jeune femme qui avait critiqué vertement l’Islam sur internet recevait le trophée de « Grande Gueule de l’année » par les auditeurs et téléspectateurs de l’émission Les Grandes Gueules. La concurrence était pourtant rude. Se mélangeaient Didier Raoult – dont on aurait pu penser qu’il arriverait largement en tête eu égard à l’actualité – Philippe Etchebest, Alice Coffin et même Assa Traoré.  S’il convient tout de même de relativiser ce succès, de quoi la victoire de Mila est-elle le nom ? La victoire de Mila est celle d’un ras-le-bol ; une fatigue généralisée de nombre de français (la majorité certainement) face à la menace permanente qu’exerce l’islamisme sur leurs modes de vie ; une lassitude presque résignée devant cette idéologie mortifère qui, non content de rogner chaque jour davantage leurs libertés, se paie le luxe de jeter l’anathème du racisme et de l’islamophobie sur eux au moindre embryon de protestation.

En 2020, une pandémie mondiale s’est abattue sur notre planète. Le professeur Didier Raoult en a été un des acteurs mondiaux majeurs, pour différentes raisons. Il n’eût pas été surprenant que les votants le désignassent comme Grande Gueule de l’année. Pour autant, les votants ont considéré qu’en dépit de son jeune âge et de sa probable maladresse, Mila incarnait une forme d’impertinence et d’insoumission caractéristique d’un certain esprit français. Pour autant, les votants ont estimé que la polémique autour du blasphème relancée par « l’affaire Mila » constituait une énième atteinte à cet esprit français. Pour autant, les votants ont exprimé par ce choix leur volonté que ce pourquoi ils se sentent français et heureux d’être français demeure, malgré la violence de l’idéologie islamiste, et malgré la lâcheté de nos gouvernants et de notre caste médiatique. Pour autant, les votants ont exprimé par ce choix leur désir que soit défendu leur « droit à la continuité historique », selon la très belle formule d’Ortega y Gasset.

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D’un côté, la consécration médiatique pour Assa Traoré et son idéologie antiraciste mortifère ; de l’autre, un sursaut populaire pour Mila et la France éternelle.

Victor Petit


[1] Ce qui explique pourquoi les forces de l’ordre vont davantage contrôler des jeunes sur une départementale proche d’une boîte de nuit plutôt que la mamie qui part à 6h du matin aux champignons. Ce qui explique pourquoi les forces de l’ordre vont davantage contrôler un groupe de jeunes en survêtements et sweats à capuche plutôt qu’un groupe de jeunes travailleurs de couleurs vêtus de costumes et de mocassins. Ce qui provoque un contrôle, dans la majorité des cas (n’excluons pas qu’il puisse exister de véritables discriminations), c’est l’adéquation entre une tenue, un comportement ou une façon d’être et une statistique.

[2] Songeons à ce titre que la question ethnique n’existait pas en France avant les années 80 et la création entre autres du SOS RACISME de Julien Dray, de BHL et d’Harlem Désir. Il est temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent…

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