De quoi l’art postmoderne est-il le nom ? 1/3 : le relativisme

Temps de lecture : 13 minutes        

L’art au XXIème siècle consiste en une synthèse du nihilisme postmoderne. Cela pourrait paraître surprenant. Mais à y regarder de plus près, l’art en présente tous les symptômes. Du relativisme à la déconstruction des normes, du rejet de toute échelle de valeurs à l’exaltation du néant en passant par l’hypertrophie des égos, l’art s’est mué en une gigantesque imposture idéologique. Petit tour d’horizon non exhaustif en trois parties, dont voici la première.

Relativisme

         Par définition, l’art désigne quelque chose d’extraordinaire, quelque chose qui dépasse les facultés humaines, quelque chose qui transcende la nature des hommes. D’un objet (même quelconque) beau et magnifiquement conçu, l’on dit que c’est une « œuvre d’art ». D’un travailleur qui maîtrise parfaitement sa tâche, qui plus est conférant à l’objet de son labeur un certain supplément d’âme et de beauté, l’on dit qu’il est un « artiste ». D’un joaillier, qui fait d’un diamant brut une merveilleuse pierre taillée à la beauté sans égale, l’on dit qu’il possède des « mains d’artiste ». Bref, l’art qualifie ce qui quitte le monde bassement humain pour une dimension inhabituelle et supérieure. Il y a une « vérité de l’art ». Il y a un absolu de l’art. Mon propos n’est pas de dire que cette vérité est accessible. Je suis même convaincu qu’elle ne l’est pas. Du reste, j’ai la certitude que l’art a pour objet de désigner une vérité absolue : celle que toutes choses ne sont pas égales en soi, et que certaines ont plus de valeur que d’autres. Que les critères de jugement de ces choses puissent évoluer et être discutés, soit. Reste que le mot « art » porte la distinction du banal et du sublime. Or pour que cette distinction puisse être clairement établie, encore faut-il que subsiste, pour toute chose, une échelle de valeurs.

         Le nihilisme postmoderne observe de sérieuses difficultés à entendre la vérité comme une notion absolue. Ainsi, la vérité serait relative à chacun. Il n’y aurait pas une, mais des vérités. La vérité ne tiendrait pas de l’immuable, mais tout au contraire du fluide, du subjectif. Cette négation de la vérité en tant qu’absolu suppose immanquablement le rejet de toute échelle de valeurs, puisque précisément, les valeurs impliquent l’absolu et la discrimination sur la base de critères objectifs. Cette idée relativiste, très ancienne, nous vient des sophistes, au Vème siècle avant notre ère en Grèce. Dans le Théétète de Platon, Protagoras dit ceci : « L’homme est la mesure de toutes choses, de celles qui existent et de leur nature ; de celles qui ne sont pas et de l’explication de leur non-existence ». La conception postmoderne de la vérité est identique à celle de Protagoras. S’il n’y a pas de vérité absolue, il n’existe aucun critère de jugement. S’il n’existe aucun critère de jugement, il n’existe aucun moyen de discriminer une chose par rapport à une autre. Et s’il n’existe aucun moyen de discriminer une chose par rapport à une autre, il devient impossible de séparer l’utile de l’inutile, le beau du laid ou encore l’art du banal.

*

         Par ce raisonnement relativiste et nihiliste, l’on en vient à considérer que l’art est un principe fluide, dont chacun peut à la fois être l’acteur et le juge. Puisqu’il n’existe aucun critère ni aucune valeur, tout, absolument tout peut être considéré comme de l’art. « C’est de l’art si je le dis » dit Martin Friedman, directeur du Walker Art Center de 1961 à 1990, le musée d’art moderne de Minneapolis. « Tout dans la vie est art » dit Marcel Duchamp. « Si quelqu’un dit de son travail que c’est de l’art, c’est de l’art » dit Donald Judd, artiste plasticien. « Je pense que tout dans la vie est art. Ce que vous faites. Comment vous vous habillez. La manière dont vous aimez quelqu’un, et comment vous parlez. Votre sourire et votre personnalité » dit Helena Bonham-Carter, actrice. La postmodernité considère l’art comme flexible. Il suffirait de dire d’une chose qu’elle relève de l’art pour qu’on la considère comme pleinement artistique.

         Ce relativisme – teinté de nominalisme – de l’art a quelque chose de rassurant en ce sens qu’il laisse penser de manière présomptueuse et mensongère que chaque individu disposerait en lui du potentiel créatif pour devenir un artiste. De plus, la postmodernité exécrant toute idée d’inégalité ou encore de discrimination, ce relativisme a ceci de confortable que, niant toute échelle de valeurs et toute « vérité » de l’art, il promet l’égalité pour tous puisque précisément, chacun pourrait devenir artiste dès lors qu’il le désirerait. Bien évidemment, la réalité est tout autre. Car les hommes étant par nature inégaux, leurs capacités de devenir artistes sont autant inégales. A moins, et c’est tout le malheur de la postmodernité, de déprécier l’art dans son essence élitiste et rare.

         Voilà pourquoi la production artistique est toujours plus conséquente autant que médiocre[1]. Qu’il s’agisse de peinture, de littérature, de musique ou encore de cinéma, nombre de prétendues œuvres sont considérées comme artistiques alors qu’elles sont affligeantes d’insignifiance. Comment pourrait-il en être autrement quand on considère que tout devient art dès lors qu’on le dit ? qu’il n’existe aucune valeur ni vérité de l’art ? qu’il n’y a donc aucun moyen de distinguer le chef-d’œuvre de l’imposture ? En réalité, nous n’avons plus intellectuellement ni philosophiquement les armes pour distinguer l’art du divertissement. Voilà pourquoi l’on en vient à considérer Marc Lévy comme l’égal de Chateaubriand. Voilà pourquoi l’on en vient à considérer un vulgaire tag – ou plutôt une « fresque », comme l’indique le très branchouille média Les Inrockuptibles[2] – comme une œuvre d’art au même titre qu’un Magritte ou qu’un Caillebotte. Voilà pourquoi l’on en vient à considérer un gigantesque plug anal gonflable sur la Place Vendôme de Paris comme une œuvre d’art au même titre que la Porte des Enfers de Rodin. Ce relativisme sidérant de nihilisme touche tout autant la « culture populaire » comme on aime à dire. Où l’on en vient à considérer les textes de Stromae ou d’Orelsan aussi poétiques et littéraires que ceux de Brel, Brassens, Féré ou Barbara. Et que dire des confondantes mièvreries parsemées d’anglicismes et de poncifs éculés des Julien Doré ou autres Bilal Assani…

         Quoi que s’agissant de Stromae, l’on demeure encore loin du niveau affligeant des textes de l’immense majorité des rappeurs, nourris de rimes pauvres (quand le dictionnaire des synonymes s’est montré suffisamment généreux…), dépourvus de rythmes, faisant l’apologie de l’oisiveté, du matérialisme et emplis de haine. Notre époque postmoderne est à ce point relativiste et nihiliste qu’elle en vient à qualifier le rap de « musique ». C’est une infamie tant le rap consiste en un empilement de boucles et de rythmes prédéfinis par ordinateur. D’ailleurs, il est désormais d’usage de parler de « sons » plus que de musiques ou de chansons. Et je ne parle pas de l’usage de l’autotune, logiciel correcteur de tonalité, lequel permet à n’importe quel quidam ou rappeur de bas-étage de se prendre pour un chanteur[3].

*

         En définitive, s’il n’y a pas de vérité de l’art, s’il n’y a pas de critères de jugement faisant relativement consensus, le seul critère qui demeure est celui de l’argent, celui du potentiel commercial. C’est ce potentiel commercial, cette « commerciabilité », si l’on me permet ce néologisme, qui détermine ce qui tient ou non de l’œuvre d’art.  Et ce en parfaite conformité avec notre époque dont l’idéal repose sur la consommation. L’art est désormais une industrie. Et en tant qu’industrie, l’art est soumis aux lois de l’efficacité économique. Ainsi, les « artistes » promus sont ceux sur lesquels l’industrie entend capitaliser pour faire de l’argent en prenant un minimum de risque. L’on comprend mieux pourquoi, dans l’industrie musicale par exemple, les productions tendent toujours plus à se ressembler, à entrer dans des standards permettant leur promotion et leur consommation par le plus grand monde. Les producteurs capitalisent sur des recettes qui fonctionnent : des « artistes » qui promeuvent la diversité, la tolérance et la fin du patriarcat ; ou encore de doucereuses histoires de cœur sur fond de vocabulaire de banlieue. Pour passer à la radio, mieux vaut privilégier le « métissage des influences », principalement latino et africaines. Et impossible pour une chanson, dont la durée dépasserait les trois minutes, d’envisager un passage sur les ondes. D’ailleurs, aucun producteur n’envisagerait de sortir une chanson comme Bohemian Rhapsody de Queen : trop longue, trop risquée, trop originale.

         Cet effondrement de notre exigence à l’égard de l’art, que l’on doit au relativisme et au nihilisme postmoderne, est le symbole de la décadence de notre civilisation. Et la pauvreté de la production musicale en est un exemple cinglant. Il convient de s’attarder un instant sur la vacuité et la nullité des artistes populaires pour le mesurer. Pour ce faire, rendons grâce au sociologue Stéphane Édouard, lequel, à l’occasion d’une vidéo traitant du « phénomène » Aya Nakamura, s’est attelé à une petite comparaison entre le texte d’une chanson populaire sortie en 1995, Dieu m’a donné la foi d’Ophélie Winter, et le tube mondial de ladite Aya Nakamura intitulé Djadja. Voici le texte de la première chanson :

« J’étais assise sur une pierre,
Des larmes coulaient sur mon visage.
Je ne savais plus comment faire
Pour trouver en moi le courage.
J’ai levé les yeux au ciel.
Et là, j’ai vu la lumière.
J’y ai baigné mon âme. »

         Ces paroles constituaient, en 1995, le standard, le basique pourrait-on dire de la chanson populaire. C’est assez simple, convenons-en. Mais il y a un semblant de rythme, des rimes et même un sursaut de métaphore.

         Passons au second texte, Djadja, succès mondial portée par une chanteuse devenue icône, et dont les textes constituent désormais la référence :

« Hello papi mais qué pasa ?
J’entends des bails atroces sur moi
À c’qu’il paraît, j’te cours après ?
Mais ça va pas, mais t’es taré, ouais
Mais comment ça le monde est tit-pe ?
Tu croyais quoi, qu’on se verrait plus jamais ?
J’pourrais t’afficher mais c’est pas mon délire
D’après les rumeurs, tu m’as eu dans ton lit »

         Voilà à quel niveau nous sommes tombés en vingt-cinq ans. Aucun rythme, un empilement de rimes pauvres… quand cela rime ; un vocabulaire digne d’un enfant de sept ans tout au plus et je passe sur la faiblesse du sens et la vacuité musicale. Du reste, l’on a trouvé nombre d’âmes célestes, habitées de nihilisme et de relativisme pour vanter les mérites de la nouvelle Baudelaire de la chanson française. Le député LREM Rémy Rebeyrotte s’est extasié devant la capacité d’Aya Nakamura de « réinventer un certain nombre d’expressions françaises » et de « porter au niveau international de nouvelles expressions et évolutions de la langue », ajoutant que cela était « absolument remarquable »[4]. Il faut se pincer pour mesurer l’absurdité de ces paroles et réaliser ce que celles-ci disent de notre époque. Pour Aurore Vincenti, linguiste, « une langue qui se renouvelle, qui en son sein voit naître de nouveaux vocables, c’est une langue qui va bien ». Réjouissons-nous de la qualité littéraire d’Aya Nakamura. Nos enfants ne peuvent qu’en prendre exemple. Pour Vincent Cassel, Aya Nakamura et sa musique symboliseraient même Paris et la France. S’agissant du Paris d’Hidalgo, celui des urinoirs de rue, des rats, de la colline du crack et des mineurs isolés de 35 ans qui arrachent les sacs des grand-mères, peut-être en effet. Reste que dorénavant, pour se targuer de réinventer la langue, il suffit d’inventer des mots et d’écrire comme on parle, c’est-à-dire mal et en onomatopées. La langue, ce n’est plus un rythme, des figures de style, l’art de manier l’image et le réel, c’est inventer des mots… c’est-à-dire parler comme des enfants. Alors c’est vrai, Aya Nakamura est « l’artiste » française la plus écoutée au monde. Et on ne peut guère lui retirer qu’à ce titre, elle succède à Charles Aznavour. Quelle misère !

         A tous, idéologues fanatisés du relativisme et du nihilisme, et en l’honneur de feu notre si belle langue, voici les trois couplets de Dis, quand reviendras-tu ? de Barbara. Un texte merveilleux, écrit en alexandrin avec césure à l’hémistiche, bref, une référence artistique populaire :

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits ?
Voilà combien de temps que tu es reparti ?
Tu m’as dit cette fois, c’est le dernier voyage.
Pour nos cœurs déchirés, c’est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour.
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour.
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris.

Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà.
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois.
À voir Paris si beau dans cette fin d’automne,
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne.
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine.
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne.
Ton image me hante, je te parle tout bas.
Et j’ai le mal d’amour, et j’ai le mal de toi.

J’ai beau t’aimer encore, j’ai beau t’aimer toujours,
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour,
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs.
Je reprendrai la route, le monde m’émerveille.
J’irai me réchauffer à un autre soleil.
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin.
Je n’ai pas la vertu des femmes de marins. »

*

         Si la production artistique est aussi pauvre, c’est précisément parce que les artistes sont toujours plus nombreux et mauvais. C’est normal. L’on nous dit que nous sommes tous des artistes en jachère. Beaucoup le croient. Et comme le seul critère de sélection réside dans la commerciabilité de l’œuvre autant que celle de l’artiste, l’art ne peut qu’en pâtir. Encore cette hypertrophie des égos ; encore cette dévalorisation de tout qui ne conduit qu’à appauvrir le monde et à frelater notre civilisation. Rien n’est plus stupide que de considérer les hommes comme tous potentiellement artistes. Ce qui fascine chez l’artiste, c’est justement sa capacité à s’élever au-dessus du commun des mortels. C’est sa propension à penser et créer ce qui nous dépasse et ce qui semble relever d’une forme de mysticisme. C’est ce que nous aimons chez lui. C’est ce que nous cherchons : ce génie qui est une lueur d’espoir dans le néant de l’humanité. Contrairement à ce que postule la postmodernité, l’artiste n’est mu par aucune réflexion conceptuelle. Il ne réfléchit pas, ou si peu. Il est investi d’un besoin profond d’exhumer ses sentiments par l’art. Il ne se rêve pas en messager, en porte-étendard de sa vérité au service de son idéologie. Il ne conçoit pas l’art en tant que projet rationnel et réfléchi. C’est d’ailleurs ce en quoi l’Art Contemporain est une imposture. En ce que d’une part, l’œuvre d’art ne se situe pas dans l’œuvre matérielle, mais dans l’idée qui préside à l’œuvre[5]. Et d’autre part en ce que l’idée précède l’œuvre, en ce que l’idée est plus importante que sa réalisation technique. « Toutes les fois que l’idée précède et règle l’exécution, c’est l’industrie » nous dit le philosophe Alain dans Système des Beaux-Arts.

         Tout au contraire, l’art a quelque chose de spontané, voire de mystique. Si nous admirons l’artiste, c’est parce qu’il voit et met en lumière ce que les autres ne voient pas. Au grand dam du relativisme ambiant, qui voudrait faire de chaque être humain un artiste, nous n’avons pas tous son étoffe. Nous ne sommes pas tous fait dans le même bois que lui. Au contraire, il est à part. L’artiste, le vrai, est le miroir de notre imperfection. Bergson ne dit pas autre chose dans Le rire : « Quel est l’objet de l’art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature. » L’art ne procède pas d’une démarche construite ou pensée, comme un passe-temps ou un métier, l’art n’existe qu’en tant qu’il relève de la nature de l’artiste. C’est quelque chose que l’artiste ne travaille pas et qu’il ne peut rationaliser ou théoriser, contrairement à ce que postule le paradigme postmoderne. Si les rudiments de la technique peuvent être appris par tout un chacun, la démarche artistique de création est innée, spontanée et instinctive. Or cette dimension créatrice qui tient de l’inné est précisément ce qui distingue le maître technicien de l’artiste génial. On peut travailler son sens de la perspective mais jamais cela ne fera de soi un artiste-peintre. On peut apprendre à jouer du piano, répéter inlassablement ses gammes. Si l’on devient alors instrumentiste, on ne devient pas pour autant un artiste-musicien. L’on peut nous répéter ad nauseam que nous sommes tous artistes, nous continuerons de nous émerveiller que des femmes et des hommes possèdent cette oreille que nous n’aurons jamais, cet œil qui nous fera toujours défaut ou encore, ce palais qui nous émerveillera tant.

*

         Rien ne saurait mieux dévaloriser l’art que de prétendre que tous les hommes sont artistes. Rien ne saurait mieux dévaloriser l’art que nier l’existence d’une « vérité de l’art » et la nécessité d’une échelle de valeurs. Rien ne saurait mieux dévaloriser l’art que le relativisme postmoderne. Tout cela, le chanteur populaire Daniel Balavoine l’avait bien compris, lui qui dit un jour : « Soyons sérieux, la chanson est un poème raté sur une symphonie ratée. Nous ne sommes que des Beethoven et des Badelaire ratés ». Avec humilité et une lucidité certaine, Balavoine avait bien compris l’impérieuse nécessité de ne pas céder au relativisme, ce qui était tout à son honneur. Idem s’agissant de Gainsbourg. Lors d’une empoignade télévisée célèbre avec Guy Béart, lequel voyait de l’art dans tout, Gainsbourg n’avait pas hésité à évoquer l’existence de deux arts, l’un mineur, l’autre majeur. L’homme à la tête de chou avait également saisi qu’on ne pouvait galvauder l’art sur l’autel du relativisme. Une époque où l’on savait encore distinguer l’art du divertissement, et où chacun, ou presque, savait rester à sa place.

Victor Petit


[1] Le fait même de parler de « production » artistique est parfaitement oxymorique. L’art est précisément ce qui relève de l’inhabituel, de la rareté. La production, c’est au contraire l’action massive de reproduction. Les deux notions sont donc par nature incompatibles.

[2] https://www.lesinrocks.com/2019/12/11/actualite/societe/banksy-devoile-une-fresque-denoncant-la-situation-des-sans-abri/

[3] La pratique du direct et de la scène finit toujours par trahir ledit quidam…

[4] https://www.rtl.fr/culture/musique/aya-nakamura-reinvente-des-expressions-francaises-salue-un-depute-larem-7800925578

[5] L’exemple le plus significatif est à ce titre le célèbre urinoir de Duchamp. Ce n’est pas l’urinoir qui constituait l’œuvre. C’était la mise en scène d’un objet banal (l’urinoir) dans un environnement artistique (un musée) qui constituait l’œuvre.

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