La vaguelette verte

Les observateurs pitoyables de cette vaguelette digne de la piscine à vagues d’Etampes oublient que 50% de la population française vit dans une commune de moins de 10 000 habitants. Ne leur en déplaise, vivre dans une grande ville est presque une exception.

Dignité ? ou honneur ?

Cette « dignité pour tous » est une conséquence de notre vision égalitariste (parce que moderne) de la justice. A l’opposé, la vision grecque de la justice (lisons Aristote) consacrait l’idée de mérite avant celle d’égalité. De sorte que l’on considérait que la crapule ne pouvait exiger d’être traitée à l’égal du vertueux.

Autant en emporte la censure

Plus sournoises car pétries de bons sentiments, les censures que l’on déplore ces derniers temps n’en sont pas moins révélatrices d’une chose : le bien est souvent l’alibi de la barbarie. Et comme disait Pascal : « Qui fait l’ange fait la bête ».

Une critique des Droits de l’Homme

Puisque les hommes sont bons par nature, puisqu’ils sont pardonnés quoi qu’ils fassent, puisque c’est la société qui les corrompt, alors toutes les normes qui jadis les disciplinaient, les préparaient à vivre en société relativement à une culture, à des mœurs, à des coutumes, à certaines manières policées de se comporter, tous ces codes de conduite et de bienséance qui tenaient davantage du « paraître » que de l’ « être », toutes ces règles morales n’ont plus lieu d’exister en tant qu’elles sont des normes aliénantes qui les empêchent de vivre pleinement leur état de nature.

La querelle des anciens et des modernes

Que nous dit la pensée traditionnelle ? Elle nous dit que la raison consiste à interroger les choses avant d’agir sur elles. Elle nous recommande de questionner le sens du monde avant de l’utiliser à nos fins. Elle nous dit que parce que le monde a une nature et constitue un ordre, nous devons faire preuve de mesure et de tempérance dans l’utilisation que nous faisons de celui-ci. Elle nous dit que la sagesse, c’est de tenir pour juste la place qui est la nôtre dans ce monde.

Les besoins immatériels : Conclusion

Quand on a rogné l’Homme et sa culture jusqu’à le délester de tout ce qui le différenciait d’un animal, il ne lui reste plus qu’à satisfaire ses besoins primaires, ses désirs et ses pulsions. Et pour mieux le persuader qu’il est ainsi sur la voie du bonheur, on lui explique doctement que son moral est au beau-fixe quand il fait chauffer sa carte bancaire ou son crédit à la consommation chez Sofinco.

Les besoins immatériels / Partie 5 : Spiritualité et sacré comme conditions de la légitimité du pouvoir politique

La raison humaine ne peut jamais se défaire de sa subjectivité, de sorte qu’aucun pouvoir juste ne peut émaner d’elle. C’est par la consécration d’une cause extérieure à lui que l’Homme peut envisager un pouvoir juste et légitime. Car alors ce pouvoir n’est pas exercé au nom des Hommes, mais au nom de cette cause, laquelle transcende les ambitions, les orgueils et les compromissions.

Les besoins immatériels / Partie 4 : Spiritualité et sacré comme conditions de la quête de sens

C’est à ce moment précis, au moment où il réalise qu’il est un être fini, voué à mourir dès la première seconde qui suit sa naissance et qu’il fait dès lors l’objet d’un simple passage sur Terre, que l’Homme devient un être spirituel. Car c’est alors que prenant conscience de la vie et de la mort, il vient nécessairement, et dans une certaine mesure inconsciemment, à s’interroger sur le sens de ce qui est pour lui le plus grand mystère qui soit : son existence et le but de celle-ci.